À Missérété, deux détenus poursuivis pour escroquerie en ligne depuis leur cellule

Narcisse Aberekere
4 min
CRIET

Déjà condamnés à sept ans de prison pour des faits de cybercriminalité, deux détenus de la prison civile d’Akpro-Missérété, au Bénin sont à nouveau devant la CRIET. Ils sont accusés d’avoir poursuivi leurs activités frauduleuses depuis leur cellule, à l’aide de téléphones portables retrouvés lors d’une fouille.

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Cyberfraude en prison : la CRIET entend deux détenus de Missérété

Au Bénin, la justice se penche une nouvelle fois sur un dossier de cybercriminels incarcérés. En effet,  deux hommes, déjà condamnés à sept ans de prison pour escroquerie via internet, sont soupçonnés d’avoir continué leurs activités frauduleuses depuis leur lieu de détention à la prison civile d’Akpro-Missérété.

Selon les information rapportées par Banouto, deux téléphones portables ont été retrouvés dans les affaires d’un des détenus lors d’une une fouille menée par les agents pénitentiaires. Les appareils ont été transmis au Centre national d’investigations numériques. Les analyses ont révélé, selon la Cour, des traces d’activités cybercriminelles menées depuis ces téléphones.

Bataille autour de la propriété d’un téléphone

 À l’ouverture du procès devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, les deux prévenus ont plaidé non coupables. Devant le juge, le détenu chez qui les deux téléphones ont été retrouvés a reconnu être le propriétaire de l’un des appareils. Pour le second, il a pointé du doigt son co-détenu, affirmant que le téléphone lui appartenait.

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Ce dernier rejette en bloc ces accusations. Il soutient n’avoir plus utilisé de téléphone depuis son arrestation. Pourtant, selon la Cour, l’appareil incriminé est configuré à son nom et contient des données liées à des activités d’escroquerie en ligne. Pour se défendre, il affirme que son ancien ami, avec qui il partageait des liens avant leur incarcération, utiliserait ses informations personnelles pour continuer à escroquer des tiers.

Le régisseur appelé à la barre

Face à ces versions contradictoires, la Cour a décidé d’entendre le régisseur de la prison civile d’Akpro-Missérété. À la barre, le commissaire de police a déclaré avoir lui-même saisi un téléphone sur le premier détenu. Il explique que ce dernier aurait tenté de le jeter au moment de la fouille, avant d’être maîtrisé.

Concernant le second détenu, le régisseur affirme n’avoir reçu aucun rapport de ses agents le liant à la possession d’un téléphone. Interrogé par la Cour sur la possibilité qu’un téléphone configuré au nom d’un détenu se retrouve dans les affaires d’un autre, il a répondu que ce genre de situation est fréquent lors des fouilles. Selon lui, les détenus cherchent souvent à se débarrasser de tout objet compromettant dès qu’ils sentent un contrôle.

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De nouvelles vérifications ordonnées

Toujours selon notre source, à la fin de cette audition, le juge a ordonné des investigations complémentaires au Centre national d’investigations numériques (CNIN) pour situer clairement les responsabilités. Par ailleurs, les deux détenus ont déjà purgé trois ans de leur peine et devaient, en principe, recouvrer leur liberté dans quatre ans. Mais cette nouvelle affaire pourrait bien bouleverser ce calendrier, pour l’un, pour l’autre, ou pour les deux.

Il convient de notifier que les poursuites pour des infractions commises en milieu carcéral deviennent de plus en plus courantes. Jeudi 8 janvier 2026, trois détenus de la maison d’arrêt d’Abomey ont comparu pour détention et trafic de chanvre indien derrière les barreaux. Déjà incarcérés à la prison d’Agbokpa pour d’autres faits, ils sont accusés d’avoir fait introduire 52 boulettes de chanvre indien dans l’établissement.

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