Au Mali, Youssou Sissoko, journaliste et directeur de publication du journal « L’Alternance », a été arrêté et placé sous mandat de dépôt ce jeudi 5 février 2026. Il est poursuivi pour la publication d’un article critique sur les récentes accusations du président nigérien Abdourahamane Tiani à l’encontre des présidents français, ivoirien et béninois.
Attaque de l’aéroport de Niamey : arrestation d’un journaliste malien sur les propos de Tiani
« Atteinte au crédit de l’État », « offense à un chef d’État étranger » et « diffusion de fausses informations ». Ce sont là les chefs d’accusation retenus contre Youssouf Sissoko. Depuis jeudi 5 février dernier, le directeur de publication du journal « L’Alternance », séjourné à la maison centrale d’arrêt de Bamako.
Selon les informations fournies à Africaho par nos confrères maliens, l’article titré « Le général Tiani sous le coup de l’émotion accuse Macron, Ouattara et Talon », et publié lundi à la une du journal est à l’origine de l’interpellation du journaliste qui n’en est pas l’auteur. Sambou Sissoko qui porte le même patronyme que Youssouf en est l’auteur et l’a d’abord diffusé sur les réseaux sociaux avant que cela ne soit repris par le journal L’Alternance. L’article qui par ailleurs, a démonté les accusations du général Tiani ne porte donc pas la signature de Youssouf Sissoko.
Son contenu porte notamment un regard critique sur les propos tenus par le président nigérien contre Emmanuel Macron, Alassane Ouattara et Patrice Talon. Le président nigérien avait, au lendemain de l’attaque perpétrée contre l’aéroport de Niamey, accusé ces dirigeants d’être les « sponsors » des hommes armés, auteurs de l’attaque. « Soit ses services de renseignement sont d’une incompétence abyssale, soit il ment délibérément. (…) la seconde option semble la plus vraisemblable », a écrit l’auteur de l’article paru sur le journal dont Youssou Sissoko porte la responsabilité légale et éditoriale.
Cette posture de l’auteur de l’article en exil pour ses positions très critiques contre les dirigeants de l’AES, selon nos informations, n’a pas été du goût des autorités maliennes. Assimi Goïta étant l’un des piliers forts de l’Alliance des Etats du Sahel avec le Burkina Faso et le Niger. Conséquence, Youssouf Sissoko qui l’a juste relayé sur son journal a immédiatement été interpellé et placé sous convocation.
Son procès va se tenir le 9 mars 2026 devant le Tribunal de Bamako, apprend-on.
