Agression du 16 janvier 1977 au Bénin : 49 après, la Nation s’en souvient

Pédro Mensanh-Gbewa
4 min
Une gerbe de fleurs à la place du souvenir

Il y a 49 ans, Cotonou se réveillait sous le choc d’une attaque armée venue de l’extérieur. Le 16 janvier 1977, un commando de mercenaires tentait, en vain, de renverser le pouvoir en place. Presque un demi-siècle plus tard, le Bénin a de nouveau fait face à une tentative de déstabilisation, déjouée le 7 décembre 2025. Deux dates, deux contextes, mais qui soulignent la résilience des institutions béninoises.

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16 janvier 1977 au Bénin : une date aux souvenirs toujours vifs

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 1977, le Bénin, alors République populaire du Bénin, bascule dans l’alerte maximale. Un groupe de mercenaires lourdement armés, dirigé par le Français Bob Denard, débarque à Cotonou avec pour objectif de renverser le régime du président Mathieu Kérékou. L’opération, baptisée « Crevette », se voulait rapide et décisive. Elle sera finalement un échec retentissant.

Mal préparé, mal renseigné et confronté à une résistance plus forte que prévu, le commando ne parvient ni à prendre le contrôle stratégique de la ville ni à rallier les forces locales. L’armée béninoise, appuyée par une mobilisation populaire spontanée, repousse l’attaque. Les mercenaires se replient dans la précipitation, laissant derrière eux des armes, des morts et un pays profondément marqué.

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À l’occasion du 49e anniversaire, ce vendredi 16 Janvier 2026, une cérémonie sobre de dépôt de gerbe au pied du Monument aux dévoués à eu lieu dans les jardins de Mathieu Kérékou à Cotonou. Au terme de cet hommage national, le Chef d’État-Major Général de l’armée béninoise, Fructueux GBAGUIDI, a laissé un message très engagé. « S’engager, c’est un sacerdoce, s’engager c’est fricoter avec la mort au quotidien, parfois la donner, parfois la recevoir. Nous avons des Frères d’armes qui tombent aujourd’hui sur le front Mirador. L’année 2025 a été une année difficile pour les Forces armées béninoises avec les deux attaques au point triple qui nous ont coûté énormément du personnel. Nous avons une pensée pour tous ces martyrs qui sont tombés au nom de la République, pour leur famille. Nous allons tout faire pour que cela ne se répète plus ».

Près de cinquante ans plus tard…

Le Bénin n’est plus le même. Le contexte politique a changé, les institutions se sont consolidées et l’armée s’est professionnalisée. Pourtant, le 7 décembre 2025, « l’histoire à faillir se répéter », a déclaré le Chef d’État-Major Général de l’armée béninoise au micro de la Srtb.

Cette fois, il ne s’agissait pas de mercenaires débarquant par la mer, mais d’un projet de coup d’État « fomenté dans l’ombre », et menée par un « groupuscule de soldats » selon les autorités, et rapidement neutralisé par les force de défense et sécurité.

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Si les méthodes diffèrent, la finalité reste a remise en cause l’ordre constitutionnel. Et comme en 1977, la tentative a échoué. L’intervention rapide des forces de défense et de sécurité a permis d’éviter le pire.

Le parallèle entre ces deux événements invite à une réflexion plus large. L’histoire du Bénin montre que la stabilité n’est jamais acquise, mais qu’elle se construit et se défend dans la durée. De Cotonou en 1977 à Cotonou en 2025, le pays a changé de visage, mais il a conservé sa détermination à préserver la paix et l’ordre républicain.

En ravivant le souvenir du raid raté du 16 janvier 1977, le Bénin se rappelle aussi que chaque crise surmontée contribue à forger sa maturité.

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