Depuis 2016, le gouvernement béninois, sous l’impulsion du président Patrice Talon, a placé l’agriculture au cœur de son Programme d’Actions du Gouvernement (PAG). Dans le département du Zou, des progrès notables ont été enregistrés grâce à l’introduction de la mécanisation agricole. Cette modernisation transforme le quotidien des agriculteurs et booste la productivité des cultures vivrières.
Le secteur agricole occupe une place importante dans l’économie béninoise, représentant environ 32 % du produit intérieur brut (PIB) national, selon le Rapport économique 2023 de l’INStaD. Cependant, ce secteur reste confronté à des défis structurels, notamment l’utilisation limitée des équipements modernes.
Pour répondre à cette problématique, le gouvernement a mis en place la Stratégie Nationale de Mécanisation Agricole (SNMA) en 2017, appuyée par des partenaires techniques comme la FAO. Dans le département du Zou, qui compte neuf communes agricoles clés, cette stratégie a permis d’équiper plus de 1 500 exploitations avec des tracteurs, des moissonneuses-batteuses et d’autres outils modernes entre 2018 et 2023.
Impact économique et social
D’après le Rapport de Performances Agricoles 2022, les résultats sont palpables. La superficie moyenne cultivée par exploitation est passée de 1,5 hectare en 2016 à 3 hectares en 2023, grâce à la réduction du temps de préparation des terres.
Dans la commune de Bohicon, par exemple, la production de maïs a atteint 75 000 tonnes en 2023, contre 61 000 tonnes en 2020. À Djidja, les rendements de manioc ont progressé de 22 %, contribuant à l’autosuffisance alimentaire locale. Le FNDA, ou Fonds National de Développement Agricole a, par ailleurs, facilité l’accès à des prêts pour 620 agriculteurs dans le Zou, leur permettant d’acquérir des équipements ou d’investir dans l’entretien des machines.
Ces efforts ne se limitent pas aux rendements. La mécanisation a également un impact social important. Selon une étude conjointe de la FAO et du Ministère de l’Agriculture publiée en 2023, l’utilisation accrue de machines a permis de réduire de 30 % les charges de travail des femmes dans les communes rurales du Zou, améliorant ainsi leur qualité de vie et leur productivité.
Un écosystème renforcé
Le gouvernement a également misé sur la création de centres de maintenance et de formation technique. À Abomey, un centre régional inauguré en 2021 a formé plus de 200 techniciens à l’entretien des équipements agricoles modernes, pour ainsi réduire les coûts de maintenance pour les exploitants.
En parallèle, des programmes de formation ont été organisés, avec l’appui de partenaires comme la Banque Africaine de Développement (BAD). Entre 2020 et 2024, environ 3 000 agriculteurs ont été sensibilisés aux bonnes pratiques d’utilisation des machines agricoles pour garantir une adoption optimale des équipements.
Défis et perspectives
Malgré ces progrès, certains défis subsistent. Les coûts d’acquisition des machines demeurent élevés pour une partie des agriculteurs, même avec les subventions. De plus, les infrastructures de stockage des récoltes restent insuffisantes. Ce qui occasionnent des pertes post-récoltes estimées à 15 %, selon le Rapport National sur l’Agriculture 2023.
Le gouvernement prévoit toutefois d’intensifier les investissements, avec un accent sur la mécanisation durable. Des partenariats avec des entreprises privées locales et internationales sont en cours pour réduire les coûts des machines et améliorer leur accessibilité.