Au Bénin, les déclarations de Patrice Talon à Jeune Afrique suscitent de vifs débats

Paul Danongbe
4 Min Read
Patrice Talon, Chef de l'Etat béninois. @PR

Les récentes déclarations de Patrice Talon dans une interview accordée à Jeune Afrique continuent de défrayer la chronique au Bénin, avec des critiques et propos en soutien sur la scène politique et au sein de l’opinion publique. L’interview, publiée le 14 mars, a alimenté de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux, divisant notamment les partisans du président et ses détracteurs.

Ad imageAd image

Avec doutes, félicitations, et prudence : c’est ainsi que sont accueillis les récents propos de Patrice Talon sur un troisième mandat et l’affaire Boko-Homéky. En effet, dans une interview à Jeune Afrique, le dirigeant au pouvoir depuis 2016 au Bénin, a réaffirmé son engagement à ne pas briguer un troisième mandat à la présidence. « Une énième fois, je vous le redis : non, je ne serai pas candidat », a-t-il déclaré, soulignant qu’il avait personnellement renforcé la Constitution pour interdire toute prolongation au-delà de deux mandats. « Cette question m’agace. J’ai moi-même renforcé la Constitution pour stipuler que nul ne pourra exercer plus de deux mandats dans sa vie », a-t-il d’ailleurs martelé pour mettre un terme aux doutes.

Lire aussi :  Bénin : 16 agents dont des policiers et des douaniers poursuivis pour sortie frauduleuse de produits tropicaux à Tchaourou

Une confirmation qui a été saluée par ses partisans, qui y voient un gage de respect des principes démocratiques. Claudine Prudencio, Ministre conseiller à la santé et présidente du Rassemblement national (RN), a tenu à rappeler que le président n’avait jamais évoqué la possibilité d’un troisième mandat, insistant sur son « code d’honneur ». « Le président n’a jamais parlé de troisième mandat », a-t-elle confié à RFI.

Cependant, ses opposants demeurent sceptiques. Candide Azanai, ancien allié devenu un de ses plus virulents détracteurs, a qualifié la parole du président de « leurre ». Le leader du parti Nouvelle Force nationale a quant à lui souligné que « si quelqu’un croit le président Talon, c’est son problème ». De son côté, un membre de la société civile, préférant garder l’anonymat, a pris acte des déclarations mais a insisté sur la nécessité d’organiser une élection présidentielle « ouverte et dans les meilleures conditions ».

L’affaire Boko, l’autre sujet qui continue de faire débat

Un autre sujet a aussi alimenté les discussions : les propos de Patrice Talon concernant son ancien allié Olivier Boko. Le président a qualifié Boko de « monstre » dans l’entretien, après que ce dernier ait été impliqué dans une affaire de complot contre la sûreté de l’État. Ce dernier, avec son co-accusé Oswald Homeky, ancien ministre des Sports, a été condamné fin janvier à 20 ans de prison pour « complot » et « corruption d’agent public ».

Cette déclaration a par ailleurs suscité diverses réactions, certains internautes imputant la responsabilité de la situation à Talon lui-même, qui avait confié à Boko la direction des services de renseignements. D’autres ont estimé pour leur part, que la culpabilisation du président ne contribuerait pas à convaincre le public de la véracité des accusations.

TAGGED:
Share This Article
Leave a Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *