Les autorités nigériennes ont fait appel au Bénin pour escorter ses équipements militaires de Lomé jusqu’à Ségbana alors que précédemment, Abdourahamane Tiani a nommément accusé Patrice Talon de « sponsoriser » des groupes terroristes pour venir déstabiliser son pays.
Le Niger sollicite l’armée béninoise pour l’escorte de ses équipements militaires
Manque de sincérité ou refus de voir la réalité qui se dessine sous ses yeux ? Le général Tiani ne manque-t-il pas de clairvoyance ? En tout cas, l’on est bien tenté de l’affirmer au regard de l’absence de cohérence dans les propos du président nigérien et les actes posés par la suite. En effet, après avoir diabolisé le Bénin et son président, le Niger a sollicité l’armée béninoise pour escorter ses équipements militaires depuis le port de Lomé (Togo) jusqu’à la ville de Sègbana, au nord du Bénin, avant leur acheminement vers le Niger.. Un paradoxe diplomatique ?
Alors que les relations entre le Bénin et le Niger semblent s’endurcir de plus en plus au regard des der²niers développements, le pouvoir militaire du Niger fait cette demande contre toute attente. C’est d’ailleurs une démarche qui, faut-il le rappeler intervient dans un contexte marqué par des discours hostiles du général Abdourahamane Tiani à l’endroit du Bénin. Patrice Talon étant accusé à plusieurs reprises d’être un allié des puissances occidentales et de faire du Bénin, une base arrière des forces étrangères.
Pourtant, dans les faits, Niamey reconnaît implicitement la fiabilité du corridor béninois en matière de sécurité. D’ailleurs, le choix de cet itinéraire démontre que le passage par le territoire béninois est jugé plus sûr que d’autres options, notamment via le Burkina Faso.
Le Bénin, toujours disponible malgré les accusations de Tiani
Malgré les tensions politiques et diplomatiques, les Forces armées béninoises (FAB) ont assuré l’escorte du convoi militaire sans polémique ni surenchère médiatique. Une attitude qui illustre le sens de responsabilité et de solidarité régionale prôné par Cotonou. Contrairement au général Tiani et ses hommes qui n’ont eu de cesse d’accuser Patrice Talon de servir les intérêts de la France, Cotonou a cependant accepté d’assurer cette mission d’escorte.
Comment comprendre qu’un pays qui dénonce quotidiennement son voisin accepte dans le même temps de lui confier la sécurisation de ses équipements militaires ? Cela demeure une incohérence difficile à expliquer.
