L’Assemblée nationale du Sénégal a adopté, vendredi 27 février, une résolution de mise en accusation visant l’ancien ministre de la Communication Moussa Bocar Thiam. Ce vote ouvre la voie à son renvoi devant la Haute Cour de Justice.
Sénégal : un sixième ex ministre de Macky Sall devant la justice pour détournement
Avocat inscrit au barreau de Paris et ancien agent judiciaire de l’État, il devient le sixième ministre de l’ex-président Macky Sall à être traduit devant cette juridiction spéciale depuis 2025. Des accusations lourdes sont en effet portées contre lui. Me Moussa Bocar Thiam est poursuivi notamment pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics portant sur un montant estimé à plus de 2 millions d’euros, ainsi que pour blanchiment de capitaux.
Pour la majorité parlementaire, ces charges justifient l’activation de la procédure devant la Haute Cour de Justice, compétente pour juger les anciens chefs d’État et ministres dans l’exercice de leurs fonctions. Sur les 113 députés ayant pris part au scrutin, 104 ont voté en faveur de la mise en accusation, six s’y sont opposés et trois se sont abstenus.
Moussa Bocar Thiam dénonce une « cabale politique »
Réagissant à la décision, Moussa Bocar Thiam a affirmé sur les réseaux sociaux qu’il entendait se défendre contre ce qu’il qualifie de « une cabale politique initiée par Ousmane Sonko et ses soutiens du pouvoir. Selon lui, c’est une dynamique du Premier ministre qui, par ces différentes procédures judiciaires cherche à museler l’opposition sénégalaise à travers la diabolisation et le règlement de compte politique.
À l’avènement du Pastef au pouvoir au Sénégal, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko avaient déjà annoncé leur posture pour la reddition des comptes. Ainsi donc, plusieurs procédures judiciaires visant d’anciens responsables du régime précédent ont été ouvertes, principalement dans la gestions des deniers publics. Pour ce qui est du cas actuel, la suite de la procédure va dépendre des travaux de la Haute Cour de Justice. Elle devra alors examiner les charges retenues contre l’ancien ministre, le condamner ou non.
