Ousmane Sonko, a annoncé lundi devant les députés, avoir transmis un projet de loi visant à renforcer les sanctions prévues par l’article 319 du Code pénal contre les actes qualifiés de « contre nature ». Le texte a été transmis au président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a indiqué le Premier ministre sénégalais.
“C’est le premier projet de loi que je porte moi-même et je l’assume”, Ousmane Sonko
Ousmane Sonko aux trousses des personnes de minorité sexuelle au Sénégal. Face aux députés mardi 24 février 2026 à l’Assemblée nationale, le chef du Pastef a une fois de plus, durci le ton contre les personnes coupables d’homosexualité, de lesbianisme, de bisexualité, de transsexualité, d’intersexualité, de zoophilie, de nécrophilie et d’autres pratiques assimilées.
Actuellement, la loi en vigueur au Sénégal prévoit une peine d’un à cinq ans de prison et une amende comprise entre 100 000 et 1 500 000 francs CFA pour toute personne reconnue coupable d’actes homosexuels. Le projet de Sonko entend durcir ces dispositions en portant les peines à cinq à dix ans d’emprisonnement, assorties d’amendes allant de deux à dix millions de francs CFA. Lorsque la victime est mineure, la peine maximale serait automatiquement appliquée, sans possibilité de sursis ni de réduction.
L’apologie de l’homosexualité bientôt criminalisée
Le texte élargit également la définition des « actes contre nature » à « tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre personnes de même sexe, ainsi que ceux commis sur un cadavre ou sur un animal ». Il introduit par ailleurs la criminalisation de l’apologie de ces pratiques, entendue comme toute promotion publique de l’homosexualité, de la bisexualité, de la transsexualité, de la zoophilie ou de la nécrophilie. Les auteurs de cette apologie encourraient des peines de trois à sept ans de prison et des amendes pouvant atteindre cinq millions de francs CFA, tout comme les personnes ou organisations qui financeraient ou soutiendraient ces activités.
Selon Ousmane Sonko, ce projet vise à corriger les insuffisances relevées dans la proposition de loi portée en 2022 par le collectif And Samm Jikko Yi, qui avait été rejetée par l’Assemblée nationale. À la différence de cette initiative parlementaire, le nouveau texte est porté par le gouvernement et modifie directement la loi n°65-60 du 21 juillet 1965 relative au Code pénal.
Au Sénégal et dans la sous-région ouest africaine, l’annonce suscite déjà de vives réactions au sein de l’opinion publique et des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent un durcissement contraire aux libertés fondamentales.
