Benin : Aurélie Guézo remise en liberté provisoire par la CRIET

Narcisse Aberekere
5 min
la comédienne béninoise Aurélie Guézo

Au Benin, la chambre correctionnelle de la CRIET a accordé, ce jeudi 22 janvier 2026, la liberté provisoire contre caution à la comédienne Aurélie Guézo, poursuivie pour des faits présumés d’escroquerie via internet. 

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Affaire Aurélie Guézo : la CRIET ordonne une liberté provisoire

Après plusieurs semaines de détention provisoire, Aurélie Nougloï-Guézo retrouve, provisoirement, la liberté. La comédienne béninoise, poursuivie pour cybercriminalité, a comparu ce jeudi 22 janvier 2026 devant la chambre correctionnelle de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme.

À l’issue de l’audience, la Cour a ordonné sa remise en liberté provisoire contre le paiement d’une caution d’un million de francs CFA. À l’ouverture de l’audience, le juge a rappelé à la prévenue les faits qui lui sont reprochés. Outre l’achat d’une carte SIM pour un détenu, des données à caractère cybercriminel auraient été retrouvées dans son téléphone portable. Face à la Cour, Aurélie Guézo a tenté d’apporter des explications, mettant en avant sa situation personnelle et son niveau d’instruction.

 « Je n’ai jamais été à l’école. Je ne sais pas écrire. Tout ce que je sais faire, ce sont des messages audios sur WhatsApp », a-t-elle déclaré. La comédienne a affirmé que son neveu utilisait également son téléphone. Selon elle, ce dernier vivait à ses côtés dans le but de préparer le baccalauréat et serait à l’origine des messages écrits retrouvés dans l’appareil. « C’est mon neveu qui écrit les messages », a-t-elle insisté devant les juges.

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Concernant la carte SIM achetée à un détenu de la maison d’arrêt d’Abomey-Calavi, Aurélie Guézo a expliqué les circonstances. Elle dit avoir été mise en contact avec la sœur du prisonnier dans le cadre d’une vente de pagnes. Par la suite, le détenu lui-même l’aurait sollicitée pour des commandes similaires. C’est au fil de ces échanges que la question de l’achat d’une carte SIM serait née.

La comédienne a reconnu avoir effectué l’achat en utilisant sa propre carte d’identité, après avoir été confrontée à l’exigence de prise d’empreintes digitales à l’agence. Elle affirme toutefois avoir refusé de remettre elle-même la puce au détenu, consciente de l’interdiction des téléphones en milieu carcéral. La carte aurait finalement été récupérée par une tierce personne.

Avec émotion, Aurélie Guézo a déclaré avoir fait désactiver la carte SIM une semaine après son achat. « On m’a conseillé d’aller couper la puce. Ce que j’ai fait immédiatement », a-t-elle confié, non sans évoquer la colère du détenu après cette désactivation. Elle a soutenu n’avoir jamais su que la carte aurait pu servir à des fins d’arnaque, notamment au nom de l’Institut national de la femme.

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À la suite de cette déposition, son avocat, Me Omer Sylvain Tchiakpè, a introduit une demande de remise en liberté provisoire contre caution. La défense a plaidé l’absence d’éléments intentionnels dans la commission de l’infraction. L’avocat a souligné le défaut de preuve de transferts d’argent, l’absence d’échanges frauduleux entre sa cliente et le détenu, ainsi que l’inexistence de messages adressés aux victimes.

Le ministère public, représenté par le quatrième substitut du procureur spécial près la CRIET, s’est montré favorable à la demande, tout en sollicitant un cautionnement de 500 000 francs CFA. La Cour ira plus loin, fixant la caution à un million de francs CFA et ordonnant la remise en liberté provisoire de la comédienne.

Pour rappel, Aurélie Nougloï-Guézo avait été arrêtée en novembre 2025 et placée en détention provisoire pour des faits présumés d’escroquerie via internet. Selon l’accusation, un détenu aurait utilisé la carte SIM achetée en son nom pour arnaquer des victimes. La suite de la procédure est attendue le jeudi 26 mars 2026, date à laquelle la CRIET poursuivra l’examen du dossier.

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