Dans un communiqué publié ce lundi 2 mars 2026, la famille de l’opposant politique Candide Azannaï dénonce une détention qu’elle juge arbitraire et contraire aux droits fondamentaux. Son fils, Aaron Vinawadon Tolidji M. Azannaï, parle d’une situation grave et appelle à une mobilisation nationale et internationale.
Détention de Candide Azannaï : la famille interpelle la justice et réclame sa présentation devant un juge
La famille de Candide Azannaï est sortie de son silence. Dans un communiqué rendu public dans la matinée de ce lundi 2 mars 2026 sur la page Facebook de son fils, Aaron Vinawadon Tolidji M. Azannaï, elle alerte l’opinion sur les conditions de détention de l’ancien ministre délégué à la Défense.
Le document évoque une privation de liberté qui dure « depuis bientôt trois (03) mois ». Le fils parle d’un père « détenu dans des conditions inhumaines et dégradantes », sans accès à une cellule réglementaire et « privé de conditions minimales d’hygiène, de repos et de dignité ».
Âgé de 67 ans, Candide Azannaï souffrirait d’un état de santé fragile nécessitant un suivi médical régulier. Pourtant, selon le communiqué, « l’accès à son médecin ne lui a pas été accordé », malgré une demande formelle adressée au Procureur spécial et restée sans réponse.
La famille affirme qu’à ce jour, « aucune accusation claire ne lui a été notifiée », « aucune preuve ne lui a été présentée », « aucune comparution devant un juge n’a eu lieu » et « aucune date de procès n’a été communiquée ». Elle insiste sur un point : « Nous ne demandons ni privilège, ni faveur. Nous demandons simplement que le droit soit respecté. » Et de rappeler que « jusqu’à preuve du contraire, NOTRE PÈRE bénéficie de la présomption d’innocence ».
Le communiqué estime que cette situation constitue une violation de la présomption d’innocence garantie par la Constitution béninoise ainsi que par des instruments juridiques internationaux. Il évoque également « un contexte plus large de restriction des libertés publiques » et parle d’une détention assimilable à « une prise d’otage » visant à briser moralement l’opposant. « Nous craignons aujourd’hui pour la santé et pour la vie même de NOTRE PÈRE », écrit la famille.
Dans son appel, elle sollicite « les organisations internationales de défense des droits humains », « les médias nationaux et internationaux », « les organismes onusiens et régionaux compétents » ainsi que « les représentations diplomatiques » afin qu’ils interpellent les autorités béninoises. Elle demande soit la libération de l’ancien ministre, soit sa présentation devant une juridiction compétente, le respect de son droit aux soins médicaux et la garantie d’un procès « équitable, public, transparent et conforme aux standards internationaux ».
Pour rappel, l’opposant au régime de Patrice Talon a été arrêté le vendredi 12 décembre à Cotonou, cinq jours après la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025. Dans le même temps, l’ancien ministre Alassane Tigri et l’ex-député Boké Sounon Soumaila ont été jetés en prison dans le cadre de l’enquête.
