Bénin : le gouvernement appelle à la patience sur le reversement des AME

Narcisse Aberekere
4 min
Wilfried Léandre Houngbédji, Porte-parole du gouvernement béninois. @Gouv.Bénin

Le reversement des Aspirants au Métier d’Enseignant ne se fera pas pour l’instant. L’annonce a été faite par le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, lors d’un échange direct avec les jeunes à Agbangnizoun. 

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Reversement des AME : Le gouvernement temporise

Le dossier ne passera pas, pour le moment. L’année 2025 s’est achevée sans que la question du reversement des AME ne soit examinée en Conseil des ministres. En ce mois de février 2026, il faut donc considérer que « le reversement est officiellement différé à une date ultérieure ». C’est du moins ce qu’a laissé entendre Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole et secrétaire général adjoint du gouvernement dans une vidéo rendue publique sur les réseaux sociaux  après un échange direct avec les jeunes à Agbangnizoun.

Face aux jeunes réunis à Agbangnizoun, il a tenté d’expliquer la position de l’exécutif. Pour le porte parole, l’État doit faire des choix. Il compare la gestion publique à celle d’un père de famille confronté à plusieurs urgences en même temps. « On ne peut pas régler tous les problèmes en même temps », a-t-il affirmé, invitant les différentes couches sociales à faire preuve de compréhension.

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Le porte-parole reconnaît que l’attente des AME est légitime. Mais il appelle à la patience. Il rappelle qu’avant la réforme du statut d’aspirant, de nombreux enseignants communautaires percevaient entre 15 000 et 25 000 FCFA, payés parfois par les parents d’élèves eux-mêmes.

Dans un échange direct avec un enseignant, il demande : « Entre enseignant communautaire payé par les parents d’élèves et AME, lequel préférez-vous ? » Réponse de l’intéressé : « AME, mais nous voulons plus. » « Votre réponse est légitime », a reconnu le porte-parole, plaidant pour un « dialogue de vérité » et rappelant que « nous sommes entre adultes ».

Au-delà du cas des AME, le gouvernement replace le débat dans un contexte plus large. Toujours à Agbangnizoun, Wilfried Léandre Houngbédji a rappelé qu’avant 2016, le dialogue social fonctionnait souvent sous pression. Des engagements étaient pris sans garanties financières solides. En 2016, l’État s’est ainsi retrouvé avec environ 100 milliards de francs CFA de dettes héritées de promesses antérieures.

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Faut-il le notifier, depuis l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon, la ligne affichée est celle de la rigueur budgétaire. Face aux revendications de 2018, le chef de l’État avait déclaré « Moi je ne suis pas comme ça. Je ne peux pas signer pour créer des dettes à celui qui va venir derrière moi », inscrivant la réforme du droit de grève dans une logique d’assainissement des finances publiques.

 Le porte-parole a également regretté le ton parfois agressif de certains débats sur les réseaux sociaux et dans les groupes WhatsApp. Selon lui, la rencontre d’Agbangnizoun visait justement à privilégier l’échange direct, pour expliquer les contraintes qui pèsent sur les décisions publiques.

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