L’Assemblée nationale a adopté, ce mercredi 28 janvier 2026, une loi révisée encadrant la prévention, la prise en charge et l’élimination des infections au VIH et au Sida en République du Bénin. Le nouveau texte modernise le dispositif juridique existant afin de mieux répondre à l’évolution de l’épidémie, aux exigences des droits humains et aux directives internationales.
Lutte contre le VIH/Sida au Bénin : l’Assemblée nationale entérine une nouvelle loi
Cette réforme vient actualiser la loi adoptée en 2006, devenue inadaptée face aux nouveaux enjeux sanitaires, sociaux et juridiques liés au VIH. Elle vise notamment à renforcer la prévention, améliorer le dépistage, garantir une prise en charge globale des personnes vivant avec le VIH et assurer une meilleure protection des populations clés et vulnérables.
Le texte adopté met un accent particulier sur la lutte contre la stigmatisation, la discrimination et les violences basées sur le genre dont restent victimes de nombreuses personnes infectées ou affectées par le VIH. Il consacre également des droits spécifiques aux personnes vivant avec le virus, tout en encourageant une responsabilité partagée dans la prévention de la transmission.
Une nouvelle loi qui met en avant les droits humains
Au-delà de la dimension sanitaire, la loi aborde plusieurs autres aspects. Elle encadre les questions liées au VIH en milieu professionnel et carcéral, renforce la protection sociale et l’accès à l’assurance-maladie, protège le personnel médico-social et définit des règles éthiques en matière de soins et de recherche scientifique. Certaines dispositions pénales ont par ailleurs été assouplies pour mieux respecter les droits humains.
Structuré en 59 articles répartis en 9 chapitres, le nouveau cadre législatif couvre les dispositions générales, les droits garantis, l’éthique médicale, la protection des prestataires de services, la recherche, ainsi que les sanctions applicables.
La relecture de la loi répond à une recommandation de l’Onusida
L’Onusida appelle les États à adapter leurs législations aux réalités locales de l’épidémie et aux engagements internationaux en matière de droits humains. Au Bénin, les indicateurs témoignent de progrès notables. Entre autres, il y a la prévalence du VIH est passée de 1,2 % à 0,8 % dans la population générale. Les nouvelles infections et les décès liés au Sida ont connu une baisse significative au cours de la dernière décennie.
Malgré ces avancées, les parlementaires reconnaissent que la stigmatisation demeure un frein majeur à l’efficacité de la riposte nationale. L’adoption de cette loi à l’unanimité est donc perçue comme une réponse politique forte pour consolider les acquis et corriger les insuffisances persistantes.
Au cours des débats, certains députés ont exprimé des inquiétudes quant à l’impact potentiel du retrait des États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé sur la mise en œuvre de cette loi. Des préoccupations auxquelles le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a apporté des assurances au nom du gouvernement.
