Face aux revendications de l’opposition sur l’audit du fichier électoral, le président béninois Patrice Talon reste inflexible. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il balaie les accusations de fraude et rejette toute modification du code électoral à l’approche de la présidentielle de 2026.
Patrice Talon reste ferme sur sa décision de ne plus passer à la relecture du code électoral. Dans sa sortie médiatique, le Président béninois a exprimé son opposition en rappelant la transparence dans le processus électoral au Bénin. “Il n’y a jamais eu, au Bénin, de contestation postélectorale pour des motifs de fraude. Ce qui signifie qu’à aucun moment les résultats n’ont été manipulés”, affirme-t-il. Pour le chef de l’État, cet acquis doit être préservé et ne saurait être remis en cause par des revendications politiques.
Concernant le code électoral, Patrice Talon reconnaît qu’il est “par essence, toujours perfectible”, mais souligne que ses règles “s’appliquent de façon équanime, sans avantager personne”. Une manière de répondre aux critiques du Cadre de Concertation de l’Opposition (CCO), qui demande une relecture du texte. Loin de céder à la pression, Patrice Talon met en garde contre toute tentative de contournement du processus électoral. “Il ne faudrait pas que quelqu’un, fût-il un ancien président, en tire prétexte pour ne pas aller aux élections”.
L’opposition proteste
Réuni mercredi 12 mars 2025, l’opposition a dénoncé le refus du Chef de l’Etat de passer à la relecture du code. Rappelons que désormais, les duos candidats à la présidentielle de 2026 doivent être parrainés par 15% des députés et/ou maires, contre 10% auparavant. En effet, cette exigence équivaut à 28 élus, alors que la précédente loi se contentait d’un seuil plus accessible.
Autre point de discorde : pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale, un parti doit désormais recueillir 20% des suffrages dans chaque circonscription électorale, contre 10% au niveau national précédemment. Une réforme qui, selon l’opposition, vise à « verrouiller le paysage politique » au profit du pouvoir en place.
À un an du scrutin présidentiel, le Chef d’Etat béninois envoie donc un message clair : les règles du jeu ne changeront pas, et chacun devra s’y conformer.