L’idée de créer un cadre de concertation regroupant les anciens présidents d’institutions de la République béninoise prend de l’ampleur. Portée par d’anciennes figures de l’exécutif et du législatif, cette initiative suscite intérêt et interrogations quant à ses objectifs et implications politiques.
Ce type de concertation n’est pas une première au Bénin. L’ancien président de la Cour constitutionnelle, le professeur Théodore Holo, rappelle qu’une tradition similaire avait vu le jour de manière informelle sous la présidence de Nicéphore Soglo en 1994, notamment lors de la dévaluation du franc CFA.
Si certains saluent l’initiative, estimant qu’elle pourrait être un espace d’échanges constructifs, d’autres se montrent plus prudents. Jacob Toigbé, secrétaire national à l’information et à la communication du parti Nouvelle Force Nationale, cité par la Radio Bénin, affirme que ce creuset pourrait aider à une meilleure organisation des élections générales à venir, tandis qu’Eugène Dossoumou, acteur politique membre de la mouvance présidentielle, insiste sur la nécessité de dépolitiser ce cadre pour garantir son crédit.
Cependant, certains analystes, à l’instar du juriste Julio Tometi, expriment des réserves sur la mise en œuvre de cette initiative. Selon lui, l’indépendance des membres vis-à-vis des dynamiques partisanes actuelles sera un enjeu clé. Il souligne également le risque d’alourdir inutilement l’architecture institutionnelle du pays.
Pour l’heure, les personnalités concernées ne se sont pas officiellement exprimées sur le sujet. La première rencontre de ce cadre pourrait se tenir au domicile de Nicéphore Soglo dans les mois à venir. Reste à savoir si cette initiative réussira à se structurer et à s’imposer comme un espace de dialogue neutre et utile à la nation.