Près de deux mois après son extradition du Togo, l’ancien président de transition burkinabè Paul-Henri Sandaogo Damiba est détenu au secret à Ouagadougou. L’absence de nouvelles et d’avocat alarme ses proches.
Arrêté au Togo puis extradé vers Ouagadougou le 17 janvier dernier, l’ancien président de transition du Burkina Faso, Paul-Henri Sandaogo Damiba, reste détenu au secret dans une annexe de l’Agence nationale de renseignement. Après près de 60 jours d’incarcération, sa famille affirme ne disposer d’aucune information sur son état de santé ou ses conditions de détention.
Selon une source proche du dossier, l’ex-lieutenant-colonel aurait été soumis à des interrogatoires jugés particulièrement musclés, certains évoquant même des sévices physiques. Renversé en 2022, Paul-Henri Damiba est accusé par les autorités burkinabè d’être impliqué dans plusieurs tentatives de coup d’État. La justice le poursuit notamment pour détournement criminel de deniers publics, enrichissement illicite, corruption et incitation à la commission de délits et de crimes.
Une autre source d’inquiétude concerne sa défense. À ce stade, aucun avocat n’a officiellement été désigné pour le représenter. Si des spéculations circulent au sein du barreau, aucun nom n’a encore émergé pour assurer la défense de celui que certains qualifient déjà de prisonnier le plus surveillé du Burkina Faso.
Exilé au Togo après la chute de son régime, Damiba qui avait renversé Rock Marc Kaboré en 2022 a été arrêté puis remis aux autorités burkinabè par le gouvernement togolais.
