Cameroun : le poste de vice-président adopté au parlement, l’opposition crie à une dérive

Paul Danongbe
3 min
Paul Biya, Président du Cameroun. @Médias locaux

Au Cameroun, députés et sénateurs réunis en Congrès ce samedi 4 avril 2026, ont adopté à une large majorité le projet de révision constitutionnelle introduisant un poste de vice-président, appelé à jouer un rôle central dans la succession présidentielle. Mais l’opposition n’est pas d’accord et crie à la dérive.

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Cameroun : le Parlement valide la création d’un poste de vice-président malgré les réserves de l’opposition

Le poste de Vice-président de la République est désormais une réalité au Cameroun. Malgré les inquiétudes exprimées par l’opposition à Paul Biya, 200 députés et sénateurs sur 222 votants, ont approuvé samedi le texte, contre 18 voix défavorables et 4 bulletins nuls, à l’issue d’un scrutin expéditif de moins de trente minutes, rapporte Actu Cameroun. À tous égards, le texte qui acte ainsi une révision constitutionnelle dans le pays, crée un numéro 2 de l’Etat.

Avant le vote, plusieurs parlementaires ont insisté sur la nécessité de clarifier les contours de cette nouvelle fonction. Le doyen d’âge du Sénat, Ze Nguele, a notamment mis en garde contre une définition floue des prérogatives du vice-président, soulignant qu’il ne saurait s’agir d’un poste « corvéable à merci », compte tenu de son importance potentielle dans la conduite de l’État.

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L’opposition à Paul Biya vent debout !

Alors que le camp présidentiel défend une réforme conforme aux exigences actuelles en matière de gouvernance au sommet de l’État, l’opposition se montre plutôt critique. Certains députés opposants ont notamment dénoncé une réforme taillée sur mesure, susceptible de renforcer une concentration du pouvoir exécutif. C’est d’ailleurs, ce que la députée Ngo Issi a évoqué par exemple, parlant d’une « clôture de l’espace démocratique ». De son côté, Jean Michel Nintcheu a appelé ses collègues à ne pas céder à la discipline partisane face à ce qu’il qualifie de dérive institutionnelle.

Des positions qui à l’inverse, sont réfutées par les soutiens du projet qui assurent en effet que la présente réforme constitutionnelle s’inscrit au contraire dans le respect des normes constitutionnelles et des engagements internationaux du pays. Le député Roger Nkodo Ndang a défendu un texte « conforme à la Constitution et aux conventions de l’Union africaine ».

Le ministre de la Justice, Laurent Esso, a pour sa part insisté sur la portée historique de cette réforme, tout en laissant entendre que certains ajustements pourraient être envisagés ultérieurement.

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Avec cette révision, le Cameroun se dote d’un nouvel outil institutionnel dont les implications politiques concrètes seront sans doute scrutées dans les mois à venir.

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