Changement climatique en Afrique : environ 250 millions personnes menacées par la montée de la mer, selon une étude

Narcisse Aberekere
3 min
Des habitations menacées par l'eau

L’Afrique ne contribue qu’à 4 % des émissions mondiales de CO2. Pourtant, ses côtes subissent une montée des eaux quatre fois plus rapide que dans les années 1990. Le rapport Communications Earth & Environment rendu public en 2025 alerte sur les risques pour des millions de personnes et la nécessité d’un soutien international.

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Changement climatique : les eaux montent sur les côtes africaines

Depuis 2010, la mer monte plus vite le long des côtes africaines. Une étude publiée le 15 décembre 2025 dans Communications Earth & Environment montre qu’entre 1993 et 2023, le niveau moyen de la mer a augmenté de 10,2 centimètres, soit 3,31 millimètres par an en moyenne. Dans les années 1990, l’augmentation était de 0,96 mm par an. Elle a bondi à 2,93 mm dans les années 2000 et atteint 4,34 mm par an depuis 2013.

En effet, les chercheurs ont analysé la température et salinité pour comprendre ce phénomène. Ils estiment que seulement 20 % de cette hausse vient de l’expansion de l’eau par réchauffement. Les 80 % restants proviennent de l’ajout d’eau lié à la fonte des glaciers. Une particularité qui distingue l’Afrique de la moyenne mondiale, où les deux causes sont presque équivalentes.

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Selon le rapport, toutes les régions côtières ne sont pas touchées de la même façon. La mer Rouge et le Courant de Guinée enregistrent les hausses les plus fortes. La Méditerranée africaine est moins affectée, ses eaux devenant plus denses avec l’augmentation de la salinité.

Faut-il le dire, les conséquences sont déjà visibles. Environ 250 millions de personnes vivent dans des zones menacées. Érosion, intrusions d’eau salée, inondations et recul de la biodiversité pèsent sur les communautés. Les grandes villes comme Lagos, Alexandrie ou Dar es Salaam sont particulièrement vulnérables. À Lagos, l’affaissement du sol pourrait doubler la fréquence des inondations d’ici 2050, touchant plus de 12 millions d’habitants.

Il convient de souligner que l’Afrique émet peu, mais subit lourdement. Le rapport appelle d’ailleurs à un financement international plus important et au transfert de technologies pour renforcer les efforts d’adaptation. Sans cela, les stratégies actuelles risquent de ne pas suffire face à la montée des eaux.

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