Le 11 janvier 2026, les Béninois étaient aux urnes pour élire leurs nouveaux conseillers communaux. Au lendemain du scrutin, place désormais aux résultats. Mais en attendant le verdict de la CENA, Clotaire Olihidé, expert électoral, apporte quelques éléments clés pour mieux comprendre le mode opératoire de la répartition des sièges.
Communales 2026 : l’expert électoral Clotaire Olihidé explique le mode opératoire de la répartition des sièges
Trois partis politiques ont pris part aux élections communales du 11 janvier 2026. L’Union Progressiste le Renouveau, le Bloc Républicain et la Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE). 72H après la fermeture des postes de vote, les états-majors politiques compilent leurs résultats en attendant les grandes tendances de la CENA.
Afin de permettre aux Béninois de comprendre le mode de répartition des sièges conformément aux dispositions du code électoral en vigueur au Bénin, Africaho a tendu son micro à Clotaire Olihidé, expert des questions électorales.
Un double seuil de représentativité à franchir !
Pour les élections communales, il faut avoir au moins 10% au plan national et 10% dans les arrondissements (circonscription électorale) pour être éligible à la répartition des sièges.
Selon l’expert électoral, le Bénin a adopté un mode de scrutin mixte avec une partie majoritaire et une proportionnelle avec la plus forte moyenne. En clair, les sièges sont attribués, dans un premier temps, proportionnellement au nombre de suffrages obtenus par chaque parti. Et pour y arriver, on calcule d’abord le quotient électoral. Pour l’obtenir, on divise le nombre total de suffrages valablement exprimés par le nombre de sièges à pourvoir.
À cette étape, il suffira de diviser les voix obtenues par chaque parti par le quotient électoral pour obtenir le siège levé par chacune des formations éligibles à la répartition. Il s’agit là d’une première répartition, car dans certains cas, précise Clotaire Olihidé, il se peut qu’il y ait encore des sièges qui ne sont pas encore attribués. « C’est le reste des sièges qu’on attribue par la règle de la proportionnelle avec la plus forte moyenne« , a-t-il expliqué.
Et de poursuivre : « On reprend le nombre de voix obtenue par chaque parti qu’on divise par le nombre de siège qu’il a obtenu lors de la première attribution, auquel on ajoute un siège fictif. Le résultat le plus élevé prend le siège ainsi de suite s’il y a par exemple plus d’un siège encore à pourvoir« .
Mais dans une circonscription électorale où un parti a obtenu au moins 40 % des suffrages exprimés, il lève automatiquement la majorité absolue des sièges en jeu. Sur quatre sièges, si un parti obtient 40 % des suffrages exprimés, ce dernier lève immédiatement trois sièges. Il faut préciser que dans le cas d’espèce, la majorité absolue est égale à la moitié +1. « Et c’est le reste des sièges à pourvoir qui est ensuite reparti selon la proportionnelle avec la plus forte moyenne« , a conclu Olihidé.
Pour ces élections communales et législatives du 11 janvier, la CENA publiera les grandes tendances dans les prochaines heures. Quoi qu’on dise, ce sont les grandes formations politiques qui vont sortir grands vainqueurs de ce double scrutin.
