La Cour constitutionnelle de Corée du Sud a confirmé, ce vendredi, la destitution du président Yoon Suk-yeol à l’unanimité de ses juges. Cette décision met un terme à une crise institutionnelle marquée par l’instauration de la loi martiale en décembre dernier et ouvre la voie à une élection présidentielle anticipée sous soixante jours.
Sur la grande place de Séoul, la décision de la Cour a été accueillie par des scènes de liesse parmi les manifestants pro-démocratie, qui attendaient ce verdict depuis plusieurs mois. « Longue vie à la démocratie ! », scandaient-ils, exprimant leur soulagement face à l’aboutissement de cette crise politique.
Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle, par la voix de son président Moon Hyung-bae, a jugé que Yoon Suk-yeol avait violé « les principes fondamentaux de l’État de droit et de la gouvernance démocratique » en tentant d’instaurer la loi martiale et en envoyant l’armée au Parlement. Il « ne s’est pas contenté de déclarer la loi martiale, mais a commis des actes qui ont violé la Constitution et la loi », a ajouté la Cour.
Pour éviter des débordements, un important dispositif de sécurité avait été déployé autour de la Cour constitutionnelle. Quelque 14 000 policiers ont été mobilisés et plusieurs quartiers de la capitale ont été placés sous haute surveillance. Si les partisans de la démocratie ont célébré cette destitution, les soutiens de Yoon Suk-yeol ont réagi avec colère. Des appels au meurtre des juges ont été lancés par certains manifestants pro-Yoon, et un individu a été interpellé pour avoir tenté d’attaquer un fourgon de police.
Une transition politique sous tension
Cette décision signifie le départ immédiat de Yoon Suk-yeol, suspendu de ses fonctions depuis plusieurs semaines. Une élection présidentielle anticipée devra être organisée sous soixante jours. Lee Jae-myung, chef du parti d’opposition démocrate, est pressenti comme favori. Il a salué la destitution de son rival en déclarant que « Yoon Suk-yeol a menacé le peuple et la démocratie ».
L’ancien président, qui a publié un bref communiqué d’excuses, doit désormais faire face à des poursuites judiciaires pour « insurrection », un crime passible de la peine de mort. Les semaines à venir s’annoncent tendues pour la stabilité du pays et l’organisation d’un scrutin sous haute surveillance.