CRIET : le député Soumaïla Sounon Boké nie toute incitation à la rébellion après le coup d’Etat déjoué

Loan Tamin
4 min
Sounon Boké Soumaïla, député du parti Les Démocrates

Soumaïla Sounon Boké, député du parti Les Démocrates, a comparu pour la première fois devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET), mardi 13 janvier 2026. À la barre, l’élu s’est défendu des accusations de harcèlement par voie électronique et d’incitation à la rébellion portées contre lui dans le cadre de l’affaire du coup d’État déjoué.

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Bénin : Soumaïla Sounon Boké parle d’une « erreur d’envoi » devant la CRIET

Soumaïla Sounon Boké s’est expliqué devant la CRIET. Vêtu d’une tenue traditionnelle blanche, sur laquelle était posé son gilet de détenu, le parlementaire de la 2ᵉ circonscription électorale, membre du parti Les Démocrates, s’est présenté ce mardi, calme et posé devant les magistrats, assisté de ses avocats. Le député a plaidé non coupable des faits qui lui sont reprochés.

Il avait été interpellé à la suite de la tentative de coup de force contre le président Patrice Talon, survenue le dimanche 7 janvier 2025. Selon l’accusation, le député aurait publié le message « C’est la fête » dans un groupe WhatsApp, le matin même des événements. Pour le ministère public, cette publication pouvait être interprétée comme une marque de satisfaction face à l’attaque des institutions par des militaires mutins.

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Face à la Cour, le prévenu a catégoriquement rejeté cette interprétation. Il a soutenu que le message en question avait été envoyé par erreur. « Le message est parti par inadvertance », a-t-il déclaré à plusieurs reprises. Selon ses explications rapportées par nos confrères de Banouto, le message cité plus haut, était destiné à un autre groupe WhatsApp composé d’amis, dans le cadre de l’organisation d’une fête. Le député a précisé qu’au moment de l’envoi, il se trouvait à une séance de sport.

L’élu a insisté sur le fait qu’il ne pouvait en aucun cas se réjouir d’un coup d’État. « Je me vois mal louer ce coup d’État. Ce coup de force n’est pas opportun, d’autant plus que le président Patrice Talon n’avait que quatre mois à passer à la tête du pays », a-t-il affirmé devant les juges. Sollicitant la clémence de la Cour, il a ajouté : « Le sort de ma carrière sera décidé par vous. Je vous jure, je ne vous en voudrai point. »

Sa demande de liberté provisoire rejetée par le ministère public

À l’issue des échanges, les avocats de la défense, Me Kpadonou et Me Aboubacar Baparapé, ont introduit une demande de mise en liberté provisoire. Maître Baparapé a mis en avant les garanties de représentation de son client, rappelant qu’il est un élu du peuple et qu’il ne présente aucun risque de fuite. Selon la défense, Soumaïla Sounon Boké s’engage à se présenter à toutes les étapes de la procédure.

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Le ministère public s’est toutefois opposé à cette requête. La substitut du procureur spécial a estimé que les garanties fournies n’étaient pas suffisantes, d’autant qu’il s’agissait de la première comparution du prévenu. Elle a ainsi requis le rejet de la demande de liberté provisoire.

Il convient de rappeler qu’à l’ouverture de l’audience, les avocats du député avaient soulevé une exception de nullité de la procédure. Selon eux, les conditions de l’arrestation, les enquêtes préliminaires ainsi que le mandat de dépôt délivré à l’encontre de leur client n’auraient pas respecté les règles procédurales en vigueur.

Après les réquisitions, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 24 février 2026, date à laquelle elle statuera sur la demande de mise en liberté provisoire et poursuivra l’examen du dossier.

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