Crise en RDC : le Rwanda dément la présence de ses troupes aux côtés du M23

Casimir Vodjo
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Paul Kagamé, Président du Rwanda. @Médias locaux

Le ministre rwandais des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, a rejeté les accusations selon lesquelles 4 000 soldats rwandais combattraient en République démocratique du Congo (RDC) aux côtés du Mouvement du 23-Mars (M23). Dans une interview accordée au Monde Afrique, il a qualifié ces allégations, issues de rapports onusiens, de ‘’fallacieuses’’ et a réaffirmé la position de Kigali sur le conflit dans l’Est congolais.

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Alors que la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC demeure préoccupante, Kigali rejette catégoriquement toute implication militaire dans la crise. ‘’Nous n’avons pas de soldats sur le sol congolais. Nous n’avons pas conquis de territoire. Le Rwanda a effectué des opérations ciblées le long de sa frontière et proportionnées à la menace qui plane sur nous’’, a déclaré Olivier Nduhungirehe.

L’officiel rwandais a également dénoncé l’attitude du président congolais, Félix Tshisekedi, qu’il accuse d’avoir une posture belliqueuse à l’égard du Rwanda. Selon lui, Kinshasa collabore avec des groupes armés tels que les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et les miliciens Wazalendo, qu’il considère comme une menace pour la sécurité nationale rwandaise.

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Interrogé sur les liens supposés entre Kigali et le M23, le ministre a affirmé que le groupe rebelle lutte contre ‘’la persécution et la discrimination des Congolais rwandophones’’, et en particulier des Tutsi. Il a également critiqué le refus de Kinshasa de négocier avec le mouvement armé, soulignant que ‘’les médiations ont échoué parce que le président congolais refuse tout dialogue direct’’.

Les tensions diplomatiques entre la RDC et le Rwanda se sont aggravées ces dernières années, notamment après la résurgence du M23 en 2022. Kinshasa accuse Kigali de soutenir militairement ce groupe rebelle afin de s’accaparer des ressources minières de l’Est congolais. Des allégations appuyées par des rapports d’agences onusiennes, mais fermement contestées par le Rwanda.

Une médiation régionale qui peine a donné des fruits

En parallèle, l’Angola, qui joue un rôle clé dans la médiation régionale, a annoncé l’organisation de pourparlers directs entre Kinshasa et le M23 à partir du 18 mars à Luanda. Ces négociations, menées sous l’égide du président angolais João Lourenço, visent à mettre fin aux hostilités et à restaurer la stabilité dans l’Est de la RDC, où des milliers de civils ont été déplacés à la suite des affrontements.

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Alors que la communauté internationale tente de relancer les efforts diplomatiques, le Rwanda reste ferme sur sa position et rejette toute tentative d’isoler Kigali sur la scène internationale. ‘’Nous n’avons pas peur d’être isolés’’, a affirmé Olivier Nduhungirehe, tout en saluant les ‘’bonnes relations’’ avec Paris, malgré des divergences sur le dossier congolais.

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