Au Bénin, les directives de l’Union Progressiste Le Renouveau dans le cadre de la désignation des maires, leurs adjoints, les Chefs d’arrondissements et des présidents des commissions font grincer des dents au sein des militants à la base.
Gouvernance locale : quand l’accord de gouvernance divise l’UP-R et le BR à la base !
Au nom de l’accord de gouvernance signé le 16 septembre 2025 à Cotonou entre l’Union Progressiste Le Renouveau et le Bloc Républicain, la gestion des communes sur le mandat 2026 – 2033 se fera de manière collégiale. C’est la substance de la note de la Haute Direction Politique de l’UP-R en date du 5 février.
En effet, cette correspondance adressée aux sections communales du parti sur l’ensemble du territoire national, Gérard Gbénonchi a dévoilé le mode de désignation des maires, leurs adjoints, les Chefs d’arrondissements et des présidents des commissions au sein des conseils communaux contrôlés par le « Baobab ».
Mode de désignation des maires et leurs adjoints
Selon ses directives, dans les communes ou municipalités où l’UP-R est majoritaire, il désignera le maire, le premier adjoint au maire et le troisième adjoint au maire, le cas échéant. Au sein des commissions, le parti majoritaire s’emparera aussi de la présidence des trois des quatre présidences de commissions.
Au parti minoritaire, c’est-à-dire le Bloc Républicain, les postes de 2e adjoint et d’une présidence de commission lui reviennent. Ce qui débouchera sur une gouvernance jugée « collégiale » par le parti dirigé par Joseph Djogbénou. En attendant les directives du Bloc Républicain, qui ne sauraient être contraires à celles de l’UP-R, c’est l’incompréhension au sein des bases militantes des deux partis.

Et pour cause, ces militants ne comprennent pas au nom de quoi ils devront céder de postes prestigieux à leurs adversaires dont l’offre politique a été rejetée par les populations le 11 janvier dernier. Face à la vague de réactions provoquées par ces directives de l’UP-R, Africaho a tendu son micro à deux militants desdits partis politiques.
Incompréhension et scepticisme à la base !
Pour Firmin Sowanou, membre de l’UP-R, ces directives ne sont pas nouvelles puisque les deux partis avaient été acté un accord de gouvernance avant les élections. « Il y a un accord de gouvernance qui a été signé bien avant les élections. On ne va pas rompre avec cet accord qui promeut une gouvernance concertée« , a-t-il déclaré.
Toutefois, le militant reconnaît que ces deux formations ont commis l’erreur de n’avoir pas assez communiqué sur le contenu des accords de gouvernance. « Il a manqué un travail au plan communicationnel. C’est évident. Ceci aurait évité les frustrations nées de la publication des directives de l’UPR« , a conclu Firmin Sowanou.
De son côté, Gaëtan Danha, militant du Bloc Républicain dit avoir été surpris par les directives : « j’étais confus quand j’ai lu les directives de l’UP-R« . Pour lui, bon nombres de militants BR ne s’attendaient pas à céder certains postes clés au sein du conseil communal. « C’est une décision qui frise à la base. Aucun militant du BR ne s’attendait pas cela. De nombreux militants déplorent le fait que les dirigeants du parti avaient gardé secret le contenu de l’accord de gouvernance« , a déclaré ce spécialiste en communication politique.
Se référant au Code électoral, il assure que le législateur a donné des possibilités aux partis majoritaires de procéder à ce genre de manœuvre politique. « Le parti majoritaire doit désigner le maire et ses adjoints« , reconnaît-il, mais précise qu’aucune injonction n’a pas été faite à cette formation pour procéder à ce choix parmi ses conseillers. « Le législateur a donné la possibilité aux partis d’agir ainsi« , conclu Gaétan Danha.
Dans les prochains jours, la désignation des maires qui vont diriger les 77 communes du Bénin pour les sept prochaines années sera faite. Et là encore, il y aura sans doute des surprises qui ne plairont pas à tous, qu’on soit de l’UP-R ou BR.
NB : Les deux acteurs politiques interrogés dans cet article se sont exprimés à titre personnel et non au nom de leurs formations politiques respectives, bien qu’ils en soient membres.
