L’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR) doivent satisfaire aux exigences du Code électoral en procédant à la désignation et l’élection des maires et adjoints devant conduire les conseils communaux des 77 communes du Bénin sur les sept prochaines années. Alors que le délai fixé par le code tire vers sa fin, les propositions fusent, les ambitions s’aiguisent et les tensions internes montent d’un cran.
Bénin : l’UP-R et le BR face à l’équation difficile de la désignation des maires et adjoints
Ça se bouscule au sein des partis qui ont remporté les communales du 11 janvier dernier au Bénin ! À Ouidah, Parakou, Comè comme à Abomey-Calavi, les tractations illustrent à elles seules les lignes de fracture qui traversent la majorité. Bien que le cadre juridique, lui, soit pourtant clair, les choses ne semblent pas aussi faciles à l’Union Progressiste le Renouveau et le Bloc Républicain. Les alinéas 2 et 3 de l’article 192 nouveau de la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, modifiant et complétant le Code électoral de 2019, consacrent la désignation du maire au profit du parti arrivé en tête au conseil communal. À Abomey-Calavi par exemple, cette prérogative revient d’office à l’UP-R. Mais si la loi fixe la règle, elle ne dissipe pas pour autant les querelles de personnes ni les rivalités au sein des chapelles.
Dans la cité-dortoir, le fauteuil du maire est plus que jamais convoité. Plusieurs conseillers UP-R se disputent le siège précédemment occupé par Angelo Ahouandjinou. Les débats se cristallisent autour d’un scénario qui agite les couloirs : la possible désignation d’un suppléant issu de l’arrondissement de Godomey comme futur maire.
Selon des sources concordantes, le parti envisagerait de miser sur le suppléant du chef d’arrondissement sorti de Godomey, Igor Alignon Boco. Juridiquement, l’option est défendable. La démission du deuxième titulaire élu dans cet arrondissement ouvre mécaniquement la voie à son suppléant, désormais éligible au conseil communal, puis à la tête de l’exécutif local. Une mécanique institutionnelle bien huilée, conforme aux textes.
Mais la conformité juridique ne suffit pas à apaiser les esprits. Sur le terrain, la proposition fait grincer des dents. L’intéressé est décrit comme peu visible dans la vie militante depuis la création de l’UP-R en 2018. Pour de nombreux cadres et élus locaux, cette promotion ressemble à un « parachutage », dicté par des réseaux d’influence plus que par le mérite militant.
Le Bloc Républicain, l’autre parti exposé à « la rage des positions »
Arrivé deuxième selon les résultats proclamés par la Commission électorale nationale autonome, le parti dirigé par Abdoulaye Bio Tchané n’est pas à l’abri des choix disputés qu’il s’agisse des communes, où il est majoritaire où là il est doit se contenter du poste de deuxième adjoint au maire.
Au BR également où le poste de deuxième adjoint au maire revient au regard des résultats, les débats sont nourris. Si le parti ne peut prétendre au fauteuil de maire dans cette commune, il fait également l’objet de tiraillements de son allié-rival, prêt à capitaliser sur toute crise interne. La « rage des propositions » n’épargne donc aucun camp et révèle une compétition larvée au sein même de la mouvance présidentielle.
Et pendant que le chronogramme d’installation des conseils communaux par commune est publié, les conciliabules, eux, se poursuivent. Et d’ici quelques heures, tout ceci ne serait que souvenir. L’Union Progressiste le Renouveau va installer ses plus de 40 maires tandis que le Bloc Républicain, lui, va installer près de 35 à la tête des communes.
