Reçu en invité sur l’émission « Bonjour le Bénin » de la Télévision Nationale ce jeudi 08 janvier 2026, le président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC), Jean-Baptiste Elias, tire la sonnette d’alarme sur les pratiques de corruption électorale et appelle les citoyens à un vote responsable et pacifique. Une prise de parole qui intervient à seulement quelques jours des élections législatives et communales du 11 janvier 2026.
Campagne électorale : Jean-Baptiste Elias relève des violations au code électoral
« En 2026, personne ne doit recevoir des logos, des tee-shirts, des casques ou autres objets à l’effigie des partis politiques », a martelé Jean-Baptiste Elias. Le président du FONAC dénonce l’achat de conscience en période électorale, une pratique persistante qu’il qualifie de violation flagrante du Code électoral.
À titre illustratif, il rappelle les dispositions de l’article 54 dudit code, qui interdit formellement, 12 mois avant tout scrutin et jusqu’à son terme, « les pratiques publicitaires à caractère commercial, l’offre de tissus, de tee-shirts, de stylos, de porte-clefs, de calendriers et autres objets utilitaires à l’effigie des candidats ou des symboles des partis, ainsi que leur port à des fins de propagande pouvant influencer ou tenter d’influencer le vote ». Un manquement qui constitue, selon lui, une forme de corruption électorale.
« Ne changez pas votre vote contre de l’argent. N’acceptez pas. La corruption n’est pas une bonne chose », a-t-il insisté, appelant les électeurs à la vigilance et à la responsabilité citoyenne.
« Plusieurs partis politiques, avec des banderoles, affiches en main font la campagne sur la voie publique. L’article 50 du code électoral l’interdit », fait observer Jean-Baptiste Elias.
Le même article interdit la tenue de réunions électorales entre 23 heures et 07 heures du matin. « Hélas ! beaucoup de partis continue de faire la campagne électorale pendant cette période », se désole l’acteur de la société civile.
Le même document, en son article 53, « interdit à tout agent public, sous les peines prévues au code pénal, de distribuer au cours de ses heures de service, des bulletins, circulaires ou autres documents de propagande et de porter ou d’arborer des emblèmes ou des signes distinctifs des candidats ». Selon le FONAC, cela n’est pas respecté « dans certaines mairies ».
Appel à la transparence du scrutin du 11 janvier
Pour des élections municipales et législatives transparentes et apaisées, Jean-Baptiste Elias interpelle la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Cour constitutionnelles sur leur responsabilité. Il invite ces deux institutions clés du processus électoral à publier les résultats sortis des urnes « poste de vote par poste de vote ».
« Voter est un devoir civique »
Pour un scrutin transparent et apaisé, le président du FONAC insiste sur la responsabilité de la Commission électorale nationale autonome (CENA) et la Cour constitutionnelle. Il suggère à ces deux instituions en première ligne de la machine électorale à publier les résultats sortis des urne « poste de vote par poste de vote ».
Sur Bénin TV, le président du FONAC a également appelé les électeurs à ne pas boycotter les élections. « Voter est un devoir civique. Allez voter même si vous n’êtes pas content », a-t-il déclaré.
Il rappelle à cet effet l’article 88 du Code électoral, qui offre à l’électeur la possibilité soit de choisir un des partis sur bulletin, soit de rendre son vote nul. « En rendant votre bulletin nul, vous exprimez votre mécontentement, un vote sanction, mais de manière pacifique », a-t-il précisé.
Jean-Baptiste Elias estime par ailleurs que le processus électoral se déroule globalement dans le respect du calendrier établi, dans un climat relativement pacifique entre les partis politiques, les institutions en charge des élections et la population.
Le double scrutin du dimanche 11 janvier 2026 permettra aux Béninois d’élire les 109 députés de la 10ᵉ législature ainsi que les conseillers communaux et municipaux. Conformément à la nouvelle Constitution adoptée par le Parlement et promulguée par le président Patrice Talon en décembre 2025, les élus exerceront un mandat de sept ans.
