En Guinée-Bissau, le Conseil national de transition a adopté une nouvelle Constitution

Pédro Mensanh-Gbewa
3 min
Président du CNT de la Guinée-Bissau

En Guinée-Bissau, une nouvelle constitution a été adoptée par l’Assemblée nationale de transition mardi 13 janvier 2026. Selon les autorités, le texte modifié renforce les prérogatives du président de la République. Toutefois, le système semi-présidentiel est maintenu.

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Guinée-Bissau : les pouvoirs du président de la République renforcés par la Constitution modifiée

« Après 30 ans sans révision constitutionnelle dans le pays, avec de nombreux problèmes précisément liés aux instruments juridiques, le Conseil national de transition vient d’adopter la révision de la loi fondamentale de 1995 ». Ainsi s’est exprimé mardi le porte-parole du CNT face à la presse.

À l’en croire, parmi les principales modifications, il y a la restructuration du préambule dans l’optique de réduire les expressions idéologiques révolutionnaires. Ce qui fait de la nouvelle Constitution « celle de tous les Guinéens et non d’un parti politique particulier », a justifié le porte-parole.

Il précise que de grandes modifications n’ont pas été apportées à la Constitution de 1995. « Ce qui change, c’est la clarification des pouvoirs », a souligné le représentant du CNT, ajoutant que le texte vise à éviter les conflits de compétences entre acteurs politiques.

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En effet, la loi fondamentale révisée maintient le système semi-présidentiel bicéphale. Mais le nouveau texte renforce les pouvoirs du président de la République. Celui-ci, désormais, en qualité de Chef du gouvernement, dirige l’exécutif et préside le Conseil des ministres, tout en conservant sa fonction de Chef de l’État. Il coordonne et oriente également l’action du Premier ministre, qui lui est subordonné.

Le Chef de l’État conserve également le pouvoir de dissoudre l’Assemblée nationale, conformément à l’article 79 du texte révisé. L’Assemblée nationale garde quant à elle ses pouvoirs législatifs et de contrôle, notamment l’approbation du programme gouvernemental et l’audition obligatoire des ministres.

Le gouvernement conserve une double responsabilité politique devant le président de la République et devant le Parlement, ce dernier disposant toujours des instruments de contrôle comme les motions de censure et de confiance.

S’agissant des relations entre les organes de souveraineté, le Président maintient un contrôle primaire sur le gouvernement avec le pouvoir de nommer et de révoquer le Premier ministre, après consultation des partis représentés à l’Assemblée nationale anciennement appelé l’Assemblée populaire nationale.

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Cette révision constitutionnelle intervient dans un contexte particulier. La Guinée-Bissau est dirigée depuis le 27 novembre 2025 par un Haut commandement militaire après le renversement d’Umaro Sissoco Embalo. Un coup d’État survenu à 24 heures de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 23 novembre et qui a mis fin au processus électoral en cours dans le pays.

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