Les autorités de transition en Guinée-Bissau ont annoncé la tenue des élections présidentielle et législatives le 6 décembre 2026. Une décision qui intervient dans un climat de fortes pressions diplomatiques de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).
Guinée-Bissau : les élections annoncées pour le 6 décembre 2026
Les élections présidentielle et législatives en Guinée-Bissau se tiendront le 6 décembre 2026, a annoncé les autorités de transition. La date a été fixée par décret présidentiel n°02/2026, signé par le président de la République de transition, le général de division Horta N’Tam, et rendu public ce mercredi 21 janvier 2026.
Le décret s’appuie sur la Charte politique de transition, adoptée le 27 novembre 2025, au lendemain du coup d’État. Il précise que les conditions seraient progressivement réunies pour l’organisation d’élections « libres, justes et transparentes ».
Cette annonce intervient dans un contexte de pression diplomatique accrue de la Cédéao, qui multiplie depuis plusieurs semaines les initiatives pour obtenir une transition courte, inclusive et consensuelle.
Le 10 janvier dernier, une mission de haut niveau de l’organisation régionale s’est rendue à Bissau, conduite par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Cédéao.
La délégation comprenait notamment le président de la Commission de la Cédéao, Dr Omar Alieu Touray, ainsi que le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. À l’issue de cette mission, Julius Maada Bio avait insisté sur la nécessité d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel, conformément aux décisions du 68e Sommet de la Cédéao.
Cette visite faisait suite à une médiation sénégalaise ayant permis la libération partielle de détenus politiques, proches de l’opposant Domingos Simões Pereira. Toutefois, ce dernier, ancien président de l’Assemblée nationale populaire, demeure toujours incarcéré. Un point de crispation majeur entre les autorités de transition et la communauté internationale.
La Cédéao, qui avait rejeté le premier calendrier de transition proposé par les putschistes, continue d’exiger la libération de l’ensemble des prisonniers politiques, la protection des institutions nationales par la Mission d’appui à la stabilisation de la Guinée-Bissau (MISGB), et n’exclut pas des sanctions ciblées en cas d’entrave au processus.
À ce stade, l’organisation régionale n’a pas encore officiellement réagi à l’annonce de la tenue des élections en décembre 2026.
Pour rappel, le général Horta N’Tam a pris le pouvoir le 26 novembre 2025, après l’interruption du processus électoral à seulement 24 heures de la proclamation des résultats du scrutin du 23 novembre. Des élections que la Cédéao et plusieurs observateurs internationaux avaient pourtant qualifiées de « libres, transparentes et pacifiques ».
