L’épouse et le fils de l’ancien président Ali Bongo Ondimba ont été condamnés, le mardi 11 novembre 2025 à Libreville, à 20 ans de réclusion criminelle par la cour criminelle spéciale. Jugés pour corruption, blanchiment et détournement de fonds publics, Sylvia et Noureddin Bongo qui vivent à Londres, étaient absents au tribunal.
Gabon : lourde peine de prison pour Sylvia et Noureddin Bongo
Le verdict est tombé après deux jours de procès. La cour criminelle spéciale de Libreville a reconnu Sylvia Valentin Bongo Ondimba, ancienne Première dame du Gabon, coupable de recel, détournement de fonds publics, blanchiment d’argent, usurpation de fonds et incitation à la falsification. Son fils, Noureddin Bongo Valentin, a pour sa part été déclaré coupable de détournement de deniers publics, concussion, usurpation de titres et de fonction, blanchiment aggravé de capitaux et association de malfaiteurs.
Tous deux écopent d’une peine de 20 ans de réclusion criminelle et d’une amende de 100 millions de francs CFA chacun. La cour a également ordonné à Noureddin Bongo de verser 1 201 milliards de francs CFA à l’État gabonais en réparation du préjudice financier, tandis que mère et fils devront conjointement s’acquitter de 1 000 milliards de francs CFA au titre du dommage moral infligé à la nation.
Les deux membres de la famille Bongo avaient été arrêtés après le coup d’État du 30 août 2023, qui avait mis fin à plus de cinquante ans de règne de la dynastie Bongo. Après vingt mois de détention, ils avaient obtenu une liberté provisoire, avant de quitter discrètement le pays pour s’installer à Londres.
« Je n’ai jamais détourné d’argent », Noureddin Bongo
Au lendemain du verdict, le fils d’Ali Bongo a dénoncé une justice aux ordres du pouvoir. Selon lui, sa condamnation se repose sur les dires de témoins sous contrainte de la junte militaire. « La justice gabonaise n’a que faire d’être crédible lorsqu’elle nous accuse d’avoir détourné 7.5 milliards d’euros puisque c’est une condamnation politique et qu’il faut faire fort« , a-t-il écrit.
« Depuis ma libération, je n’ai cessé d’exposer une justice qui répond aux ordres de l’exécutif et j’en paye aujourd’hui le prix. Je n’ai jamais détourné d’argent et je continuerai à me battre pour la vérité devant des instances juridiques indépendantes« , a-t-il promis.
