Guinée-Bissau : les militaires dévoilent un gouvernement de transition de 22 ministres

Paul Danongbe
5 min
Le Premier ministre Ilidio Vieira Té et le général Horta N'Tam

En Guinée-Bissau, le pouvoir militaire dirigé par le général Horta N’Tam a formé ce samedi 29 novembre 2025, un gouvernement de la transition prévue pour durer un an. Il est composé de 22 ministres.

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Transition en Guinée-Bissau : un gouvernement de 22 ministres composé

Après le coup d’Etat perpétré mercredi contre le président Umaro Sissoco Embalo, la junte au pouvoir en Guinée-Bissau a rendu publique, ce samedi 29 novembre, la composition d’un nouveau gouvernement de transition. L’équipe compte 22 ministres, dont trois officiers issus directement des forces armées – un général de brigade, un général de division et un officier de marine – tandis que les autres portefeuilles reviennent à des personnalités civiles. Cinq femmes font également leur entrée au gouvernement, auxquelles s’ajoutent cinq secrétaires d’État.

Ce sont des nominations qui interviennent au lendemain de la prise de fonction d’Ilidio Té Vieira, récemment nommé Premier ministre. Ancien ministre des Finances et proche collaborateur du président déchu, ce dernier est chargé de conduire la transition dans un climat politique encore instable.

Selon le décret présidentiel publié ce samedi, João Bernardo Vieira est nommé ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Communautés. Neveu de l’ancien chef d’État Nino Vieira, assassiné en 2009, il s’impose comme l’un des visages majeurs de cette nouvelle équipe. Juriste de formation, titulaire d’un master en développement international, il avait occupé le poste de secrétaire d’État aux Transports et aux Communications entre 2014 et 2016 et s’était présenté comme candidat indépendant à la présidentielle du 23 novembre.

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Plusieurs ministres du président Embalo reconduits dans leurs fonctions

Contrairement à ce quoi, le commun des guinéens pouvait s’attendre, le pouvoir dirigé par le général Horta N’Tam à également à des postes clés plusieurs membres du gouvernement renversé, constate Africaho. Carlos Pinto Pereira, ancien ministre des Affaires étrangères, prend désormais la tête du ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.

José Carlos Esteves conserve quant à lui le portefeuille des Travaux publics, du Logement et de l’Aménagement urbain. Fatumata Jau reste secrétaire d’État à la Coopération internationale et aux Communautés, confirmant la volonté des militaires d’assurer une forme de continuité dans certains secteurs.

La configuration du présent gouvernement ainsi composé semble bien confirmer pour certains observateurs, l’hypothèse de Fernando Dias concernant le putsch orchestré par Umaro Sissoco Embalo lui-même. L’opposant et principal challenger du président déchu s’était notamment montré clair au lendemain du coup d’Etat. « Nous sommes en démocratie. Il y a quelqu’un qui était le président de la République, José Mario Vaz, mais il a perdu, il a accepté, il a transféré le pouvoir à Umaro Sissoco Embalo. C’est cela qu’Embalo doit faire. Ce coup d’État, c’est un faux qu’Umaro Sissoco Embalo a annoncé. Tous les peuples de Guinée-Bissau savent que ce qu’Umaro Sissoco Embalo a dit n’est pas vrai », avait-il déploré.

Liste des principaux ministres

  • João Bernardo Vieira, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération internationale et des Communautés
  • Brigadier-Général Mamasaliu Embaló, ministre de l’Intérieur et de l’Ordre public
  • Usna António Quadé, ministre de la Présidence du Conseil des ministres et des Affaires parlementaires
  • Carlos Pinto Pereira, ministre de la Justice et des Droits humains
  • Mamadú Mudjetaba Djaló, ministre de l’Économie, du Plan et de l’Intégration régionale
  • Major-Général Stive Lassana Manssaly, ministre de la Défense nationale
  • Comodoro Quinhin Nantote, ministre de la Santé publique
  • Virgínia Mária da Cruz Godinho Pires Correia, ministre des Pêches et de l’Économie maritime
  • Juelma Cubala, ministre de la Jeunesse, de la Culture et des Sports
  • Khady Florence Dabo Correia, ministre de la Femme et de la Solidarité sociale. Les secrétaires d’État nommés. Cinq secrétariats d’État ont également été attribués : Mamadú Baldé, secrétaire d’État au Trésor
  • Elísio Gomes Sá, secrétaire d’État au Budget et aux Affaires fiscales
  • Comissário Principal Salvador Soares, secrétaire d’État à l’Ordre public
  • Contre-Amiral Carlos Alfredo Mandughal, secrétaire d’État aux Combats de la Liberté de la Patrie
  • Pressions internationales et incertitudes politiques. L’installation de ce gouvernement de transition intervient alors que la CEDEAO et plusieurs partenaires internationaux maintiennent leur pression sur les autorités, appelant au retour à l’ordre constitutionnel et à la libération des personnalités arrêtées après la tentative de putsch. Le nouveau cabinet devra ainsi gérer simultanément l’urgence sécuritaire et les négociations diplomatiques, dans un climat national particulièrement instable.
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