En Côte d’Ivoire, le Conseil constitutionnel a rejeté vendredi 9 janvier 2026, le recours introduit par le député sortant de Tiassalé, Assalé Tiémoko, qui contestait les résultats provisoires des élections législatives du 27 décembre 2025. Dans une déclaration faite sur sa page Facebook ce samedi 10 janvier, l’élu a reconnu la décision tout en appelant ses partisans à dépasser la déception.
Législatives en Côte d’Ivoire : le Conseil constitutionnel rejette le recours d’Assalé Tiémoko
La décision est désormais officielle. Le Conseil constitutionnel a tranché en défaveur d’Assalé Tiémoko, qui contestait les résultats provisoires des élections législatives dans la circonscription de Tiassalé. La juridiction a estimé que sa requête, bien que recevable, ne reposait pas sur des éléments suffisamment solides pour remettre en cause le scrutin.
Quelques heures après l’annonce, l’élu sortant s’est adressé à ses soutiens, visiblement affectés par l’issue de la procédure. Dans un message rendu public ce samedi, il a rappelé les épreuves politiques qu’il a déjà traversées et la constance de son engagement. « En 2023, j’ai remporté les élections municipales. Sur requête de mon adversaire du RHDP, qui se disait victime d’injustice, ma victoire a été annulée, l’élection a été reprise, et je l’ai de nouveau remportée. Cette fois, c’est moi qui ai demandé justice, mais je ne l’ai pas obtenue. Je comprends votre colère et votre peine. Avançons cependant : mon combat dépasse un siège de député », a-t-il déclaré.
Faut-il le rappeler, le 2 janvier, Assalé Tiémoko avait annoncé avoir saisi le Conseil constitutionnel par l’intermédiaire de ses avocats. Devant la presse, il s’était présenté comme le « véritable vainqueur » du scrutin, affirmant disposer de chiffres internes qui lui donnaient une avance de 1 356 voix. Il accusait notamment les responsables locaux de la Commission électorale indépendante d’avoir manipulé les résultats en faveur de son adversaire, Alpha Sanogo. Il parlait d’irrégularités graves, évoquant des « bureaux de vote fantômes » et la présence d’électeurs qu’il disait étrangers à la circonscription.
Selon ses déclarations, sept nouveaux bureaux de vote, totalisant 2 930 inscrits, auraient été créés dans des conditions qu’il jugeait suspectes lors de la révision de la liste électorale de 2024. Il affirmait que la majorité de ces électeurs viendraient de communes d’Abidjan, notamment Abobo, Adjamé et Anyama. Mais ces arguments n’ont pas pesé face à l’analyse des juges. Le Conseil constitutionnel a estimé que les preuves apportées ne permettaient ni d’établir une fraude déterminante, ni de modifier l’issue du scrutin.
Il convient de souligner que cette vague de contentieux post-électoral a concerné 61 recours à l’échelle nationale. Seules deux circonscriptions, Toumodi et Dualla-Massala dans le département de Séguéla, ont vu leurs résultats annulés pour des irrégularités jugées décisives. Encore faut-il le rappeler, sur le plan national, les législatives du 27 décembre 2025 ont confirmé la domination du RHDP, qui rafle 197 sièges sur 255. Le PDCI-RDA en obtient 32, tandis que les indépendants s’en sortent avec une vingtaine d’élus.
