Le Ghana suspend temporairement les demandes de citoyenneté pour les afro-descendants

Pédro Mensanh-Gbewa
5 min
Un passeport ghanéen

Le Ghana vient de suspendre temporairement les demandes de citoyenneté pour les personnes d’ascendance africaine, selon une annonce officielle dimanche 1er février 2026.

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Ghana : suspension temporaire des demandes de citoyenneté pour la diaspora africaine

Le gouvernement du Ghana a décidé de mettre une pause temporaire aux procédures de réception et d’examen des demandes de naturalisation des afro-descendants. Une suspension qui intervient après une dizaine d’année de mise en œuvre de la politique de citoyenneté par descendance dans le pays.

En effet, elle a été lancée en 2016 avec pour objectif de permettre aux descendants d’Africains déplacés par la traite transatlantique d’obtenir la nationalité ghanéenne. Il faut noter que ce programme a été renforcé en 2019 par l’initiative « Année du Retour » et le « Beyond the Return » qui s’entend sur la période allant de 2020-2030.

Depuis la mise en place de la politique de citoyenneté par descendance, plus de 1 000 afro-descendants se sont vu délivrer le passeport ghanéen. Parmi les bénéficiaires figures des personnalités influentes comme Rocky Dawuni, Ibrahim Mahama, Stevie Wonder ou encore le streamer américain IShowSpeed, de son vrai nom Darren Jason Watkins Junior.

Selon le ministère de l’Intérieur et le Bureau des Affaires de la Diaspora, les candidats passent par une vérification, une orientation et une cérémonie officielle.

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Quelles sont les raisons de la suspension ?

Le gouvernement ghanéen justifie cet arrêt momentané par un besoin de réviser le processus pour le rendre plus transparent, abordable, efficace et « convivial ». Depuis quelque temps, l’initiative fait face aux critiques croissantes sur la complexité administrative du dispositif et ses coûts élevés.

Les frais initiaux de candidature s’élèvent de 136 USD, soit 75 500 F CFA. Dès que le candidat est présélectionné, il doit payer la somme de 2 280 USD soit 1 266 000 F CFA.

Par ailleurs, le délai d’une semaine pour fournir une preuve ADN est jugé irréaliste par les demandeurs.

Sans indiquer une durée précise de cette pause, mais les autorités ghanéennes promettent une reprise rapide avec de nouvelles directives officielles.

Les implications possibles de cette suspension

Selon l’analyste Ishmael Hlovor, cette mesure pourrait freiner l’élan pan-africain du Ghana, qui se positionne comme « maison » pour la diaspora considérée comme sa « 17e région ». Le risque de décourager les investissements et les retours spontanés des personnes d’ascendance africaine est aussi évoqué.

Selon l’Agence Anadolu, de nombreux membres de la diaspora investissent dans l’immobilier, l’agriculture, la technologie et les petites entreprises au Ghana. La citoyenneté ghanéenne leur permet notamment de posséder des biens fonciers, de voter et d’accéder aux services publics.

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Dr Erieka Bennet ambassadrice du Diaspora African Forum, qui aide les personnes souhaitant s’installer au Ghana, y voit une simple réforme procédurale sans remise en cause du programme.

À court terme, aucune nouvelle candidature n’est acceptée. Comme alternative, le « Right of Abode » (résidence permanente sans visa) reste ouvert aux descendants africains.

Le Ghana, un cas d’école pour d’autres pays africains

Des pays comme le Bénin et la Sierra Leone offrent des possibilités d’accès à la citoyenneté pour les descendants d’Africains, basées sur des preuves ancestrales vérifiées, à l’instar du Ghana.

Le Bénin a adopté la loi n°2024-31 le 2 septembre 2024. Elle permet aujourd’hui d’accorder la citoyenneté par reconnaissance aux personnes d’ascendance sub-saharienne dont les ancêtres ont été déportés lors de la traite transatlantique des esclaves.

La Sierra Leone propose la citoyenneté par descendance aux personnes d’ascendance africaine. Depuis 2017, c’est étendu aux enfants nés à l’étranger de parents ou grands-parents nés au en Sierra Leone.

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