Le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, a achevé, lundi 16 février, une visite officielle de deux jours à Alger, à l’invitation du président algérien Abdelmadjid Tebboune. Les deux présidents qui échangent après plusieurs mois de crise ont évoqué plusieurs sujets d’intérêt commun pour le Niger et l’Algérie.
Gazoduc, sécurité, formation : Alger et Niamey relancent leur partenariat
Le Niger rétablit ses relations avec l’Algérie. Après de nombreux mois de crise née en avril 2025 alors que l’armée algérienne avait abattu un drone malien, le général Abdourahamane Tiani est allé rencontré le président algérien. Le numéro 1 du régime militaire au pouvoir depuis 2023 après le coup d’Etat contre Mohamed Bazoum était accompagné d’une importante délégation ministérielle. Il s’agit notamment de sa deuxième sortie officielle hors de l’espace de l’Alliance des États du Sahel (AES) depuis son arrivée au pouvoir.
Les relations entre les deux pays s’étaient fortement dégradées en avril 2025, à la suite de la destruction par l’armée algérienne d’un drone malien. Cet incident avait conduit les trois pays de l’AES — le Mali, le Niger et le Burkina Faso — à rappeler leurs ambassadeurs à Alger, une mesure à laquelle l’Algérie avait répondu par réciprocité. Si les rapports demeurent gelés avec Bamako, un réchauffement est désormais acté entre Niamey et Alger, symbolisé par la reprise des fonctions des ambassadeurs respectifs la semaine dernière.
Le Niger renoue avec l’Algérie sans le Mali et le Burkina Faso
Durant la visite, les deux dirigeants ont affiché une volonté manifeste de tourner la page. Accueilli au palais présidentiel algérien, le général Tiani a eu un entretien en tête-à-tête avec Abdelmadjid Tebboune, élargi par la suite aux délégations. Gestes de cordialité et déclarations apaisantes ont ponctué la rencontre. « La relation qui unit les deux pays frères et voisins sera un exemple en Afrique », a affirmé le président algérien.
Selon l’Agence de presse algérienne (APS), cette visite met un terme à une période jugée inhabituelle dans les relations bilatérales, en référence à la crise ouverte plusieurs mois plus tôt. Cependant, elle intervient quand même sans le Mali et le Burkina Faso qui, au même titre que le Niger avaient exprimé une fermeté collégiale face à l’abattage du drone malien.
Les échanges entre les deux parties ont essentiellement porté sur plusieurs dossiers stratégiques, notamment la lutte contre le terrorisme, la coopération sécuritaire et énergétique, ainsi que la formation universitaire, professionnelle et militaire.
Sur le plan économique, la présidence algérienne a annoncé la relance du projet de gazoduc transsaharien, longtemps resté en suspens. Le lancement des travaux sur le tronçon nigérien est prévu après le mois de ramadan. Selon le compte rendu de la présidence algérienne, le groupe public algérien Sonatrach devrait piloter le démarrage de l’installation du pipeline traversant le Niger.
