Le Tchad déploie 15 000 hommes et ferme sa frontière avec le Soudan

Mohamed Fousso
3 min

Le gouvernement tchadien a décidé, lundi 23 février, de fermer « de manière stricte et immédiate » sa frontière avec le Soudan, à l’issue d’une réunion extraordinaire de sécurité. L’annonce a été faite par le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Gassim Chérif.

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Tchad: les raisons de la fermeture de la frontière avec le Soudan

La frontière entre le Tchad et le Soudan est fermée depuis lundi 23 février 2026. C’est une décision qui fait suite à des « incursions répétées » de groupes armés soudanais sur le territoire tchadien, dans un contexte de violents affrontements opposant les Forces de soutien rapide (FSR) aux Forces conjointes, alliées de l’armée régulière soudanaise.

Selon l’exécutif, les combats de Tina débordent sur le territoire tchadien. D’ailleurs, samedi 21 février, les FSR ont revendiqué la prise de la ville de Tina, dans le nord du Darfour, à la frontière tchadienne. Jusqu’alors, cette localité était contrôlée par les Forces conjointes soutenant l’armée soudanaise. Et en dehors de cette attaque, plusieurs autres avaient été déjà enregistrées au Bénin.

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Des sources locales ont en effet indiqué que les combats se sont étendus jusqu’à Tiné, côté tchadien. Des éléments des FSR, poursuivant des combattants armés cherchant refuge au Tchad, auraient attaqué un poste avancé de l’armée tchadienne. Ces affrontements ont fait des victimes parmi les forces de défense et de sécurité tchadiennes ainsi que parmi des civils.

Un dispositif sécuritaire installé et des poursuites annoncées

Face à cette situation, les autorités justifient la fermeture de la frontière par la nécessité de « prévenir les risques d’extension du conflit soudanais » sur le sol tchadien. « Les forces belligérantes au Soudan, depuis quelque temps, violent l’intangibilité du territoire tchadien », a déclaré Gassim Chérif. « Nous sommes un État jaloux de sa souveraineté, qui ne peut accepter continuellement cette violation de son territoire. »

Le porte-parole du gouvernement a également affirmé que le Tchad se réservait le droit, au nom du droit international, de poursuivre tout assaillant qui franchirait ses frontières et menacerait la sécurité nationale.

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Selon une source sécuritaire, plus de 15 000 hommes – armée régulière et force mixte – sont déployés depuis plusieurs mois le long des 1 400 kilomètres de frontière entre les deux pays. Malgré la fermeture officielle, les autorités précisent que la frontière reste ouverte aux réfugiés soudanais et que les activités humanitaires se poursuivent.

Pour rappel, la guerre au Soudan a déjà provoqué plusieurs dizaines de milliers de morts et déplacé des millions de personnes, dont plus d’un million ont trouvé refuge au Tchad.

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