Au Bénin, les électeurs attendent les résultats du 11 janvier 2026. À ce stade, la question de l’éligibilité des partis et de la répartition des sièges reste au centre des préoccupations. Au cours d’un entretien accordé à Africaho, Clotaire Olihidé, spécialiste des questions électorales, explique que les accords de coalition parlementaire peuvent aider à franchir le seuil des 20%, mais ne garantissent pas automatiquement de sièges à tous les partis partenaires.
Législatives au Bénin : Ce qu’il faut comprendre des accords de coalition parlementaire
Pour les élections communales et législatives du 11 janvier, les électeurs attendent de voir comment les sièges seront attribués. Selon la loi n°2024-13 du 15 mars 2024, qui modifie le Code électoral et complète la loi n°2019-43 du 15 novembre 2019, l’article 146 nouvelle stipule : « Seules sont éligibles à l’attribution des sièges les listes ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives ». Cette règle s’applique seulement aux élections législatives.
Il existe également une disposition concernant les accords de coalition. Normalement, seules les listes ayant obtenu 20 % des voix peuvent prétendre à des sièges. Mais la loi prévoit que des partis ayant conclu un accord de coalition parlementaire avant le scrutin peuvent cumuler leurs voix, si chacun d’eux atteint au moins 10 % au plan national.
Toutefois, l’accord de coalition parlementaire ne garantit pas l’obtention automatique de sièges selon Clotaire Olihidé. Interviewé par Africaho, ce spécialiste des questions électorales, clarifie : « La coalition permet de se sauver pour l’éligibilité au partage. Cela ne veut pas dire que vous avez déjà un siège ».
Il poursuit : « Vous pouvez être en accord, avoir atteint la barre des 20 % et ne pas avoir de siège. Quand, ensemble, vous avez réussi à atteindre les 20 %, on ne calcule pas vos sièges ensemble. La répartition ne se fait pas en mettant vos voix en commun. Les accords ne sont pas des alliances. S’il s’agit d’une alliance, les voix peuvent être mises en commun ».
Comprendre le seuil des 10% au plan national
Selon l’expert électoral, un autre point essentiel concerne la question des 10 % au plan national pour les élections législatives. C’est ce seuil qui conditionne la prise en compte d’un parti, membre d’un accord de coalition législative, dans le calcul des 20 % cumulés avec les autres formations. Autrement dit, si un parti n’a pas obtenu 10 % des voix au plan national, ses suffrages ne peuvent pas être pris en compte pour le calcul des 20 % par circonscription.
Faut-il le rappeler, la CENA devrait publier les grandes tendances des résultats ce jeudi 15 janvier. Cinq partis sont en lice pour ce scrutin. Il s’agit de l’UP-R, le BR, Moele-Bénin, Les Démocrates et la FCBE.
