L’armée américaine renforce son soutien au Nigeria avec des livraisons d’équipements et un partage accru de renseignements, dans une stratégie agressive contre les djihadistes de l’État islamique (EI). Cette coopération s’étend aussi aux juntes du Sahel, malgré des tensions diplomatiques, comme l’a révélé le lieutenant-général John Brennan, haut responsable de l’Africom, lors d’une interview à Abuja.
Nigéria : États-Unis intensifient les livraisons d’équipements pour faire face aux menaces jihadistes
Le Pentagone intensifie ses échanges sécuritaires avec le Nigeria et d’autres pays africains pour cibler les groupes jihadistes. « Nous travaillons avec nos partenaires pour frapper de manière cinétique les menaces, principalement l’État islamique, de la Somalie au Nigeria », a déclaré le lieutenant-général John Brennan, haut responsable de l’Africom à l’AFP.
L’objectif est de renforcer les capacités des forces locales en leur fournissant équipements et informations avec moins de restrictions, afin d’améliorer leur efficacité.
Cette posture plus offensive fait suite à des pressions diplomatiques de Washington sur Abuja pour contrer les violences jihadistes. Elle cible particulièrement le nord-ouest et le nord-est du Nigeria, bastions de Boko Haram et de sa faction dissidente, l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP), qualifié de « groupe le plus préoccupant ».
Frappes conjointes et soutien ciblé
La réunion d’Abuja, il y a une semaine, intervenait près d’un mois après des frappes conjointes menées le 25 décembre dans le nord-ouest nigérian contre des cibles de l’EI. Ces opérations, qui visaient l’État islamique dans la grande Sahra (ISSP), ont eu un impact encore difficile à évaluer. Le ministre nigérian de l’Information, Mohammed Idris, les a décrites comme un « travail en cours ».
Le soutien américain se concentre désormais sur le renseignement pour appuyer les frappes aériennes nigérianes, favorisant une traque plus précise des djihadistes.
Tensions diplomatiques et partenariats au Sahel
Cette coopération s’inscrit dans un contexte sensible. Washington accuse régulièrement le Nigeria de « persécutions » contre les chrétiens. Allégations rejetées par Abuja, qui insiste sur le caractère indiscriminé des violences touchant musulmans et chrétiens. Lors des discussions, Allison Hooker, secrétaire d’État adjointe, a exhorté le Nigeria à mieux protéger les populations chrétiennes.
Au Sahel, les États-Unis maintiennent des liens avec les juntes militaires du Burkina Faso, Mali et Niger, malgré une suspension partielle après les coups d’État. « Nous partageons des informations pour frapper des cibles terroristes clés et dialoguons avec nos partenaires militaires, même officieusement », précise John Brennan. Washington rejette toute idée de bases permanentes, privilégiant le renforcement des forces locales.
