L’assemblée générale de l’Organisation des Nations unies a adopté mercredi 25 mars 2026, une résolution qui qualifie la traite des Africains et l’esclavage de « plus grave crime contre l’humanité ». Porté par le Ghana, le texte adopté par plusieurs pays africains dont la Côte d’Ivoire et le Togo pour ne citer que ceux-là, avait été co-sponsorisé par le Bénin. Mais le pays dirigé par Patrice Talon a-t-il voté pour, contre ou s’est carrément abstenu ? Shegun Adjadi Bakari, Chef de la diplomatie béninoise donne des clarifications.
Le Bénin donne sa position sur la criminalisation de l’esclavage des Africains adoptée par l’ONU
123 voix pour, 3 contre et 52 abstentions. Ce sont là, les chiffres qui ont sanctionné mercredi, le vote relatif du texte qui reconnait désormais partout dans le monde, l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ». À ces assises qui ont enregistré la participation d’une large majorité des États ayant ratifié l’accord de l’Organisation des nations unies, plusieurs pays du monde et surtout d’Afrique, le Bénin n’y a pas pris part mercredi 25 mars. C’est en effet, la première précision fournie ce lundi 30 mars, Shegun Bakari, ministre béninois des Affaires étrangères.
Face à la presse, le chef de la diplomatie a expliqué ce qui s’est réellement passé. “Le Bénin au cours des dix dernières années a mis la question mémorielle de l’esclavage au cœur de toutes ses politiques publiques”, fait-il d’abord savoir. Pour le pays dirigé par Patrice Talon depuis 2016, il était important de faire en sorte que ce crime qui a duré plusieurs siècles ne soit oublié. Shegun Bakarai ajoute que sur les dix dernières années, “le Bénin a investi dans le maintien de la sauvegarde de tout le patrimoine matériel lié à cette traite”.
Le ministre cite entre autres, une loi adoptée par l’Assemblée nationale du Bénin, et qui donne le droit à tous les afro-descendants de revenir sur leur terre et d’obtenir une reconnaissance de leur nationalité. Et c’est là que Shegun Bakari fait savoir que la résolution du 25 mars a été co-sponsorisée par le Bénin. “Nous avons pris part aux travaux de rédaction avec la République sœur du Ghana et avec d’autres Républiques sur le continent africain. Notre représentant permanent aux Nations Unies a participé à la rédaction du document, à son amendement et l’a portée également dans les différentes instances que nous avons au sein du groupe africain”, va-t-il clarifier.
La vérité sur l’absence de la délégation du Bénin dans la salle de l’ONU
Première évidence, Shegun Bakari confirme que le Bénin ne s’était pas fait représenté mercredi 25 mars dernier où s’est déroulé le vote ayant conduit à la criminalisation de l’esclavage et la traite transatlantique. Mais l’absence de la délégation du Bénin dans la salle de l’ONU le 25 mars dernier, informe le chef de la diplomatie “est du à un dysfonctionnement administratif”.
Rappelant que le contexte politique marqué la tenue le 12 avril prochain de l’élection présidentielle au Bénin, le ministre indique qu’il n’était pas disponible. Car sûrement sur le terrain aux côtés de Romuald Wadagni, candidat de la majorité face à Paul Hounkpè. “Je n’étais pas joignable sur quelques jours parce que, pris par un certains nombre d’occupations, notre Représentant permanent n’a pas pu prendre part au vote”, renseigne le chef de la diplomatie béninoise. Cependant, ajoute-t-il, immédiatement lorsqu’il a été informé, Shegun Bakari a instruit le représentant permanent du Bénin à l’ONU afin qu’une démarche autorisée dans le processus de l’organisation soit menée.
Je tiens à ce que vous sachiez que le Bénin en dehors d’avoir co-sponsorisé le texte, a exprimé sa volonté d’accorder un vote favorable à cette décision historique.
Shegun Bakari
Le Bénin a donné son accord favorable au texte !
“Lorsqu’un pays n’a pas pu assister à un vote pour une raison, quelle qu’elle soit, il a la possibilité de notifier au Secrétariat général des nations unies, son intention de vote à postériori, c’est ce que le Bénin a fait”, informe Shegun Bakari qui a exprimé la satisfaction avec laquelle, le Bénin a accueilli l’adoption de cette révolution historique pour la communauté noire.
Faut-il le rappeler, depuis juillet 2025, une plateforme de reconnaissance de nationalité intitulée « My Afro Origins » dont la plateforme numérique est accessible sur internet fait le bonheur des Afro-descendants. À ce jour, plusieurs cérémonies ont eu lieu, dont une le 27 décembre 2025 (10 personnes) et une en mars 2026, portant le nombre de bénéficiaires à plus d’une dizaine selon les informations officielles sur le site du gouvernement.
