La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), projet phare de l’Union africaine visant à créer un vaste marché commun africain, repose non seulement sur la libre circulation des marchandises, mais aussi sur celle des personnes et de la main-d’œuvre. Le projet est au cœur de la première session extraordinaire du parlement de la CEDEAO, en cours à Abuja depuis lundi 22 février 2026.
À Abuja, les députés ouest-africains réfléchissent à l’avenir de la ZLECAf
Qu’est-ce que la ZLECAF et en quoi est-elle utile pour l’intégration régionale en Afrique ? Signé en 2018 et entré en vigueur en 2019, cet accord est un pilier de l’Agenda 2063 pour le développement économique du continent. Son objectif principal, créer un marché unique pour les marchandises et les service. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé Albert Siaw Boateng, directeur de la libre circulation des personnes et des migrations à la Commission de la CEDEAO, mardi lors de sa présentation dans le cadre de la première session extraordinaire du parlement de la CEDEAO au titre de l’année 2026.
Face aux parlementaires venus des 12 pays de la CEDEAO, il a souligné que la mobilité humaine demeure un facteur déterminant pour l’intégration régionale et pour le succès de la ZLECAf. Le spécialiste des questions économiques dans la sous-région ouest africaine, a particulièrement insisté sur le lien étroit entre mobilité des personnes et intégration régionale, le rôle de la migration de travail dans le développement du commerce intra-régional. Les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du Protocole de 1979 sur la libre circulation (révisé en 1993), ainsi que les défis liés à la gouvernance des migrations de main-d’œuvre n’ont pas été occultés.
La ZLECAF, un protocole en trois phases
Selon M. Boateng, le protocole de la CEDEAO est mis en œuvre en trois phases : le droit d’entrée, le droit de résidence et le droit d’établissement. Il constitue un pilier central du programme d’intégration régionale visant à bâtir une région sans frontières et orientée vers les communautés.
Le droit d’entrée permet aux citoyens de voyager sans visa dans l’espace communautaire avec un passeport ou la Carte jaune. Ce volet est aujourd’hui pleinement appliqué, même si des efforts sont en cours pour supprimer la limite de séjour de 90 jours prévue dans certaines législations nationales.
Le droit de résidence autorise les citoyens à chercher un emploi et à séjourner dans les pays d’accueil conformément aux lois nationales. Quant au droit d’établissement, il permet aux migrants de mener des activités économiques, notamment la création et la gestion d’entreprises, sur la base du principe de non-discrimination.
L’accès à un marché de 1,4 milliards d’africains avec la ZLECAF
Avec ce protocole qui faut-il le rappeler, n’a pas encore été ratifié dans tous les 12 pays de la CEDEAO par exemple, c’est l’accès à un marché de 1,4 milliards d’africains pour les multinationales et internationales. Interrogé par Africaho, Hamdou Karidio, Conseiller spécial du Secrétaire général de la ZLECAF, indique que ce protocole est la solution pour l’effectivité du développement de l’Afrique pour rendre accessibles, les 80 000 kilomètres de frontières qui séparent 55 Etats que compte le continent.
“La ZLECAF est là pour solutionner ces problèmes, abattre les frontières, donner plus de visibilité à notre secteur privé africain pour s’épanouir et créer les conditions d’un bien-être social, économique pour tous les Africains”, a-t-il renseigné. Une posture quand bien même partagée par le directeur de la libre circulation des personnes et des migrations à la Commission de la CEDEAO, présente cependant des insuffisances.
Albert Siaw Boateng a ainsi reconnu plusieurs insuffisances. « Certains États membres n’ont pas pleinement mis en œuvre le Protocole sur la libre circulation. On observe un contrôle limité du travail des migrants, une faible portabilité de la protection sociale, des inadéquations de compétences et une fragmentation des données », a-t-il déploré.
Il a par ailleurs indiqué qu’environ 70 % des travailleurs migrants exercent dans le secteur informel. Ce qui souligne par conséquent, la nécessité de leur inclusion dans les systèmes de protection sociale.
