Le Parlement a adopté, jeudi 13 mars 2025, la loi sur la chefferie traditionnelle au Bénin. Ce texte reconnaît 16 royaumes et 90 chefferies, réparties en 80 chefferies supérieures et 10 chefferies coutumières. Toutefois, député du Bloc Républicain (BR) Nassirou Bako Arifari a noté des déficiences.
Malgré une large majorité, l’adoption de la loi sur la chefferie traditionnelle suscite des controverses à l’Assemblée Nationale. Membre du Bloc Républicain, le député Nassirou Bako Arifari, a exprimé des réserves, dénonçant une loi qui « comporte beaucoup d’imperfections » et qui, selon lui, devra être « soumise à plusieurs relectures », rapporte La Nouvelle Tribune.
D’abord, dans son argumentaire, l’élu du peuple de la mouvance présidentielle a relevé des incohérences dans la classification des royaumes. « Lorsque je parle des royaumes, nous avons des aires culturelles dans notre pays. J’ai vu par exemple, on a listé 16 et dans les 16-là, on a repêché deux, Allada et Kétou, en disant que c’est l’animation coloniale qui les a reconnus. Très bien, cette même animation coloniale, à son installation, a passé des traités de protectorat et d’amitié avec un certain nombre de sociétés ou d’autorités quotidiennes. Qu’est-ce qu’on fait de ces traités et de ce qui est écrit, qui reconnaît que c’étaient des rois ? », s’interroge-t-il.
Le cas de la communauté dendi
Ensuite, Bako Arifari a notamment évoqué la situation de la communauté dendi, dont l’organisation royale ou impériale diffère de celle des autres chefferies. « Les pays dendi n’ont jamais dépendu de quelques autorités quotidiennes dans ce pays à ce jour. Mais ici, on classe comme chefferie, et même pas comme roi », déplore-t-il. Il estime également que Karimama, reconnue depuis 1895, ainsi que Banikoara, dont l’organisation coutumière est spécifique, ont été mal classées.
Pour le député de la première circonscription électorale, ces erreurs risquent d’engendrer des conflits. « Faisons attention. Nous allons créer des problèmes de préséance énorme et des conflits sur le terrain », avertit-il. Il appelle ainsi à une révision de l’article 14, qui définit les modes de succession au sein des chefferies. « Cet article est une grave erreur. Il doit être supprimé totalement », conclut-il.
Alors que la loi vise à structurer la chefferie traditionnelle au Bénin, ces critiques soulignent les risques de tensions qu’elle pourrait engendrer. Une relecture s’imposera-t-elle pour apaiser les inquiétudes ? Seuls les parlementaires pourront éclairer la lanterne à l’opinion publique.