L’Union africaine alerte sur les risques du retrait américain des 66 institutions

Pédro Mensanh-Gbewa
4 min
Drapeau de l'UA et des USA

L’Union africaine (UA) a lancé un cri d’alarme lundi suite à la décision du président américain Donald Trump de retirer les États-Unis de 66 organisations et traités internationaux, dont plusieurs piliers onusiens essentiels au progrès du continent africain.

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UA : le retrait américain de certaines institutions fait craindre des conséquences

Dans une déclaration officielle, le président de la Commission de l’UA, Mahmoud Ali Youssouf, a dénoncé les conséquences potentielles de ce désengagement massif. Signé le 7 janvier 2026, le décret du président Trump ordonne un retrait immédiat des agences jugées incompatibles avec les intérêts nationaux américains. Parmi les 31 institutions onusiennes ciblées figurent la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), le Bureau du conseiller spécial pour l’Afrique, ONU Femmes, le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’ONU Commerce et Développement (CNUCED).

« Toute réduction de leur capacité opérationnelle peut avoir des conséquences sur les gains de développement, les efforts de consolidation de la paix et la résilience des communautés, en particulier dans les contextes fragiles et touchés par les conflits », a averti Youssouf. Il a surtout souligné le rôle historique et crucial de ces institutions dans le renforcement des capacités sur le continent africain.

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Un retrait qui touche l’environnement et le climat

Le mémorandum américain prévoit aussi le départ de 35 organisations non onusiennes, dont le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) et l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

Ces organismes sont vitaux pour l’Afrique, continent le plus vulnérable aux changements climatiques malgré sa faible contribution aux émissions mondiales. Des rapports de la CEA et de la CNUCED avertissaient déjà dans des rapports datant de 2025 que le retrait américain pourrait priver l’Afrique de financements et d’expertises clés.  Ce qui aggraverait les défis comme la sécheresse au Sahel ou les inondations en Afrique de l’Est.

Ce décret du président américain découle d’un autre (le décret présidentiel 14199) signé presque un an plutôt, en février 2025, et qui avait ordonné une revue exhaustive des engagements intergouvernementaux par le secrétaire d’État.

L’UA appelle au dialogue et à la défense des relations inter-étatiques

Tout en respectant « le droit souverain des États-Unis de revoir leurs engagements », l’UA rappelle que Washington reste un « partenaire pivot » de l’Afrique, avec des intérêts communs sur le plan de la paix, de l’économie et de la gouvernance. « Ces plateformes multilatérales ont servi de vecteurs efficaces pour faire avancer ces objectifs partagés », insiste la déclaration.

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L’organisation panafricaine plaide pour un dialogue entre les États-Unis, l’ONU et ses États partenaires afin de préserver les fonctions essentielles du multilatéralisme, évitant une charge disproportionnée sur les plus vulnérables. Youssouf réaffirme l’attachement de l’UA au multilatéralisme comme « pierre angulaire pour relever les défis mondiaux et promouvoir la prospérité partagée ».

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