La candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies a échoué à rallier l’Union africaine. Contestée par une vingtaine d’États membres et rejetée par le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, elle se retrouve désormais dans une impasse diplomatique.
ONU : le Sénégal se désolidarise de la candidature de Macky Sall, l’UA divisée
Macky Sall a-t-il encore une chance de voir sa candidature au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies validée ? Difficile de répondre par l’affirmative au regard des résistances observées au sein de l’Union Africaine et même du côté des autorités de son pays. En effet, dans une note officielle transmise le 27 mars à Union africaine, la mission permanente du Sénégal a clairement indiqué que Dakar « n’a, à aucun stade, endossé cette candidature » et n’a « pas été associé à l’initiative », portée par le Burundi.
Cette mise au point intervient alors que la Commission de l’UA avait engagé, la veille, une procédure dite de « silence » pour faire adopter un soutien africain à cette candidature. Ce mécanisme prévoit qu’en l’absence d’objection, la proposition est validée. Mais la tentative a échoué : à la clôture du délai, 20 États membres ont formellement rompu le silence, bloquant ainsi l’adoption du texte, selon une note consultée par l’AFP.
Ce désaveu est d’autant plus notable que les autorités sénégalaises actuelles avaient déjà pris leurs distances avec cette initiative. Le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Niang, avait publiquement affirmé que le Sénégal n’était pas impliqué dans cette démarche.
Le dossier est par ailleurs alourdi par un contexte judiciaire sensible. Des enquêtes ont été ouvertes au Sénégal concernant des faits présumés de violences politiques survenus entre 2021 et 2024, sous la présidence de Macky Sall. Des organisations se réclamant des victimes se sont également opposées à sa candidature.
Faute de consensus africain, l’avenir de cette candidature reste incertain. Toute désignation au poste de secrétaire général de l’ONU devra en effet obtenir l’aval du Conseil de sécurité avant d’être soumise à l’Assemblée générale, une étape qui s’annonce désormais plus complexe.
