L’Union européenne (UE) a officiellement retiré le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique et la Tanzanie de sa liste des pays considérés comme présentant un risque élevé en matière de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme. Une décision qui marque une étape importante pour ces États africains, longtemps sous surveillance accrue des institutions financières internationales.
Lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme : l’UE reconsidère le Nigéria, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Mali, le Mozambique et la Tanzanie
Cette mise à jour de la liste européenne fait suite à une évaluation conduite par la Commission européenne, en collaboration avec le Groupe d’action financière (GAFI), l’organisme intergouvernemental chargé d’élaborer et de promouvoir les normes internationales de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.
Selon Bruxelles, les pays concernés ont réalisé des progrès jugés significatifs dans plusieurs domaines clés. Entre autres, il y a le renforcement de leurs cadres juridiques et réglementaires, l’amélioration des mécanismes de surveillance des flux financiers, la mise en place de dispositifs plus efficaces de déclaration des transactions suspectes et le renforcement de la coopération entre les services de renseignement financier, les autorités judiciaires et les forces de sécurité.
Un signal fort pour les pays africains concernées
Pour le Nigéria et l’Afrique du Sud, deux poids lourds économiques du continent, cette décision vient corriger une image souvent détériorée par des perceptions persistantes de risques financiers élevés. Elle pourrait faciliter l’accès aux marchés financiers européens, réduire les coûts de conformité pour les banques et encourager les investissements directs étrangers.
Du côté du Burkina Faso, du Mali, du Mozambique et de la Tanzanie, la portée est également politique et symbolique. Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et institutionnels, notamment au Sahel, cette reconnaissance européenne est perçue comme une validation des efforts de réforme entrepris malgré des environnements parfois instables.
La Commission européenne rappelle toutefois que cette décision ne signifie pas la fin des efforts. Les pays retirés de la liste restent soumis à un suivi continu et devront maintenir le niveau d’exigence atteint. Toute régression pourrait entraîner une réinscription.
« La lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme est un processus dynamique », souligne une source européenne, insistant sur la nécessité de consolider durablement les réformes engagées.
Au-delà des aspects techniques, cette décision encourage les États encore sous surveillance à poursuivre leurs efforts en matière de gouvernance financière, de transparence et d’État de droit.
Pour l’Union européenne, il s’agit également de démontrer une approche équilibrée, fondée sur des critères objectifs, loin d’une stigmatisation systématique des pays africains dans les mécanismes de régulation financière mondiale.
