Le président de la Refondation, Michaël Randrianirina, a annoncé que les personnalités pressenties pour entrer au gouvernement sont soumises à un détecteur de mensonge dans le cadre des enquêtes de moralité préalables à leur désignation.
Madagascar : avant leur nomination, les candidats au gouvernement passent au polygraphe
À Madagascar, la composition du futur gouvernement n’est pas encore connue, mais la méthode de sélection, elle, fait déjà réagir. Les candidats au poste de ministre devront passer au détecteur de mensonge, rapporte RFI. Selon le chef de l’État, cette procédure explique le report de l’annonce de la nouvelle équipe gouvernementale, attendue pour les 23 ou 24 mars 2026. L’objectif affiché est de filtrer les profils susceptibles d’être compromis ou de s’éloigner des idéaux portés par le pouvoir en place.
Dans ce dispositif, seuls les candidats jugés suffisamment crédibles à l’issue du test peuvent accéder à l’entretien final avec le président et le Premier ministre. Le seuil retenu pour être considéré comme apte à exercer des fonctions ministérielles a été fixé à 60 % de probité. En dessous de ce niveau, les prétendants sont écartés.
Cette démarche, inédite, ne fait toutefois pas l’unanimité. Des observateurs de la société civile ainsi que des membres du mouvement Gen Z expriment leurs doutes sur la pertinence d’un tel procédé. Ils redoutent notamment qu’il ne serve davantage à mesurer la fidélité au régime qu’à évaluer la capacité des futurs ministres à agir dans l’intérêt général.
Les critiques portent aussi sur l’opacité entourant l’élaboration du questionnaire et sur les limites d’un outil dont l’interprétation reste entre les mains d’opérateurs humains, avec les biais que cela peut comporter. Certains s’interrogent en outre sur l’équité de la démarche, se demandant si les plus hautes autorités elles-mêmes accepteraient de se soumettre au même exercice.
Faut-il le souligner, la présente annonce survient dans un climat déjà alourdi par les révélations de la Cour des comptes sur la gestion de l’ancien régime. Selon l’institution, un compte occulte de 900 milliards d’ariary a été découvert, tandis qu’environ 180 millions d’euros auraient été engagés en dehors de tout contrôle parlementaire.
