« Mon départ du Ministère n’est pas un renoncement », Jean-Michel Abimbola justifie son choix

Marturin ATCHA
10 min
Jean-Michel Abimbola, député et ancien Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts@JMA

Elu député lors des électives du 11 janvier 2026, Jean-Michel Abimbola a démissionné du gouvernement de Patrice Talon pour siéger à l’Assemblée nationale pour le compte de la 10e législature. Désormais au Palais des Gouverneurs pour un mandat de 7 ans, l’ancien Ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts est revenu sur les raisons de son choix.

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Bénin : Jean-Michel Abimbola justifie son départ du gouvernement

Un des inamovibles ministres de Patrice Talon depuis 2019, Jean-Michel Abimbola qui gérait le département du Tourisme, de la Culture et des Arts a rendu son tablier. Elu député sur la liste du parti Union Progressiste Le Renouveau (UPR), le natif de Porto-Novo a choisi, tout comme sa collègue Eléonore Yayi Ladékan, de siéger à l’Assemblée nationale.

Deux semaines après leur investiture, marquant l’entrée officielle en fonction, le député a pris la parole. Via sa page Méta, il est revenu sur les motifs de son départ de l’équipe gouvernementale. « Mon départ du Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts n’est pas un renoncement« , a-t-il écrit.

Il constitue, selon le parlementaire, « un moment institutionnel, une respiration naturelle de la République – cette mécanique vivante où les charges évoluent sans que l’engagement ne vacille« . « Dans un État solide, les fonctions circulent; dans une conscience fidèle, la mission demeure« , a poursuivi l’ancien ministre.

Déclaration intégrale de Jean-Michel Abimbola

LE DEVOIR DE CONTINUITÉ

Il est des moments où l’on quitte une charge sans jamais renoncer aux idéaux. Il est des instants où la fonction se retire, mais où la conviction et l’engagement demeurent intacts.

Servir l’État, n’est pas nécessairement occuper une fonction : c’est surtout porter une vision, même lorsque les projecteurs changent d’angle et que les responsabilités se déplacent.

Mon départ du Ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts n’est pas un renoncement. Il constitue un moment institutionnel, une respiration naturelle de la République — cette mécanique vivante où les charges évoluent sans que l’engagement ne vacille. Dans un État solide, les fonctions circulent ; dans une conscience fidèle, la mission demeure.

Le chemin parcouru s’inscrit dans une architecture qui dépasse toute trajectoire individuelle. Il fut guidé par la vision méthodique et exigeante du Président de la République, Patrice Talon, résolument orientée vers la transformation structurelle du Bénin.

Mais toute vision appelle un bras, une méthode, une volonté d’exécution. J’ai eu l’honneur et le privilège d’être ce bras déterminé, cet artisan attentif d’une œuvre de refondation nationale dans le tourisme, la culture et les arts.

Transformer l’ambition en actes, les principes en programmes, les promesses en résultats : telle fut la discipline constante de mon engagement. Car une révolution ne se décrète pas seulement : elle se construit dans la rigueur administrative, la coordination des intelligences, l’arbitrage lucide des priorités, la mobilisation des partenaires et la constance dans l’action.

Ainsi, le tourisme, irrigué par la culture et les arts, a cessé d’être périphérique pour devenir un levier stratégique de souveraineté, d’attractivité et de croissance. Il n’a pas seulement servi au rayonnement de la Destination Bénin ni à la modernisation des infrastructures ; il a redonné souffle à notre mémoire et réinscrit notre patrimoine dans le récit du monde.

Affirmer notre identité culturelle n’était pas seulement un geste esthétique : c’était un acte fondateur. Faire de cette identité un moteur structurant de richesse et de développement fut l’un des défis majeurs de notre temps. Nous l’avons relevé avec constance et méthode.

Les fruits de cette action sont tangibles : le retour des biens culturels, la mise en lumière de l’art contemporain béninois à travers l’itinérance des œuvres de nos créateurs, la restauration des palais royaux, la création de musées, la modernisation des infrastructures culturelles, la structuration des industries créatives, la professionnalisation des acteurs, ainsi que l’adoption de lois destinées à assurer la fluidité et la productivité des filières culturelles et touristiques.

La dynamique engagée n’a jamais opposé modernité et tradition ; elle les a articulées. Les chefferies traditionnelles, gardiennes des légitimités historiques et des savoirs endogènes, ont été associées aux grands projets patrimoniaux. Rites et fêtes ancestrales ont retrouvé leur place dans les calendriers nationaux et internationaux, scellant une alliance féconde entre héritage séculaire et ambition contemporaine.

La Destination Bénin est devenue une réalité. Vue de loin, notre nation suscite le désir ; vécue de l’intérieur, elle propose des perspectives concrètes. L’offre s’est consolidée par le financement des initiatives privées et le renforcement du cadre juridique et institutionnel.

Le visiteur peut désormais célébrer, sur notre sol, la richesse des arts et des cultures vodun à travers l’institutionnalisation des Vodun Days, le Festival des Masques et la route des Couvents. Il peut parcourir les musées dédiés à notre histoire et à notre patrimoine, s’incliner sur les sites mémoriels consacrés à nos frères et sœurs victimes de la déportation, et contempler les monuments élevés à nos grandes figures nationales. Le Koutammakou, paysage culturel exceptionnel situé au nord-est du Togo et s’étendant jusqu’au Bénin, est devenu un site d’intérêt mondial parce que désormais inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est un témoignage vivant d’un génie architectural, social et spirituel qui traverse les siècles.

Cette dynamique s’illustre également à travers la mise en lumière de Ganvié, l’essor d’infrastructures hôtelières de référence telles que le Sofitel Cotonou Marina Hôtel & Spa et le Dhawa de Ouidah, l’adoption de réformes structurantes pour l’attractivité et la sécurisation des investissements, ainsi que la professionnalisation des métiers du tourisme — guides, agents de voyage, hôteliers, restaurateurs, conservateurs du patrimoine, médiateurs culturels et opérateurs d’expériences.

Ces réalisations ne sont pas des trophées ; elles sont des fondations, les assises d’une transformation profonde qui irrigue l’économie, les territoires et l’imaginaire collectif. Elles ouvrent la voie à des industries touristiques et culturelles résilientes, confirmant la vocation du Bénin à devenir un pôle d’espérance pour les jeunesses africaines.

L’Histoire enseigne qu’une révolution culturelle authentique ne transforme pas seulement les institutions : elle agit sur les mentalités, redessine l’image d’un pays et remodèle son architecture sociale. Ce mouvement est enclenché. Il est visible. Il est irréversible.

Je rends hommage aux femmes et aux hommes qui ont porté cette exigence : équipes ministérielles, cadres techniques, agences spécialisées, acteurs de la société civile, artistes, opérateurs économiques des industries touristiques et créatives, dignitaires et chefs traditionnels, partenaires internationaux, forces vives de la Nation. Leur engagement a donné chair à l’ambition et profondeur à l’action.

Aujourd’hui, appelé à siéger à l’Assemblée nationale, je demeure au service de la même vision. La Représentation nationale sera un espace de consolidation normative, de sécurisation institutionnelle et d’amplification des réformes engagées. Depuis cet autre front de l’action publique, mes convictions ne chercheront ni repos ni transition : elles trouveront de nouveaux relais.

L’élan qui a animé mon action aux côtés du Président Patrice Talon continuera d’orienter ma détermination sur les trajectoires tracées par la vision « Bénin 2060 ALAFIA, un Monde de Splendeurs », en cohérence avec l’offre politique de la majorité présidentielle. Car cette vision n’est pas un slogan : elle est une boussole. Et une boussole n’a de sens que si l’on avance.

Comme le rappelait Nelson Mandela : « Ce qui compte dans la vie, ce n’est pas le simple fait d’avoir vécu. C’est la différence que nous avons faite dans la vie des autres qui déterminera la signification de la vie que nous avons menée. »

C’est dans cette conscience de notre responsabilité historique — transformer durablement notre société et léguer à la Nation plus que ce que nous avons reçu — que je poursuis mon engagement.

L’œuvre nous dépasse. Elle est appelée à traverser le temps, car elle appartient désormais à la mémoire en construction de notre peuple et à l’espérance de nos enfants.

Merci au Président de la République.

Merci à mes collègues du Gouvernement, spécialement José TONATO.

Merci au ministre d’Etat, Romuald WADAGNI, en qui nous croyons.

Merci à mes collaborateurs du Ministère du tourisme, de la culture et des arts.

Merci aux agences spécialisées du tourisme, de la culture et des arts.

Merci à mon épouse.

Babalola Jean-Michel H. ABIMBOLA
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Rédacteur en Chef à Africaho - Journaliste polyvalent - analyste politique. Spécialiste du référencement SEO/GEO.
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