Les médias en ligne africains viennent de franchir un cap historique. Réunis à Libreville, au Gabon, de promoteurs de médias numériques issus de plusieurs pays africains ont annoncé, le 23 janvier 2026, la création du Patronat Africain des Médias en Ligne (PAMEL). Une nouvelle plateforme panafricaine de concertation et de plaidoyer.
PAMEL : une organisation pour structurer, défendre et valoriser les médias en ligne en Afrique
Face à la montée en puissance du numérique, mais aussi à la marginalisation persistante des médias africains dans les mécanismes de reconnaissance et de rémunération mondiaux, les fondateurs du PAMEL entendent désormais parler d’une seule voix et peser dans les grands débats internationaux.
« Les médias en ligne africains jouent un rôle déterminant dans l’information, la démocratie et la valorisation de l’image du continent, mais ils restent insuffisamment structurés et peu entendus à l’échelle mondiale », souligne la déclaration finale des fondateurs.
Structuration et reconnaissance des médias en ligne : un défi pour le PAMEL
Malgré une audience en forte croissance et une influence réelle sur l’opinion publique, les médias numériques africains demeurent largement absents des dispositifs mis en place par les géants du numérique comme Google ou Meta. Une situation que le PAMEL juge injuste et contre-productive pour le développement du journalisme africain.
L’organisation se donne ainsi pour objectif de fédérer les patrons de médias en ligne, de défendre leurs intérêts professionnels et économiques, et d’obtenir une rémunération juste et équitable des contenus africains diffusés sur les grandes plateformes mondiales.
« Il ne s’agit plus de démarches isolées, mais d’un plaidoyer collectif structuré, porté au nom de toute l’Afrique », affirment les fondateurs.
Au-delà de la question économique, le PAMEL veut aussi renforcer la professionnalisation du secteur, encourager l’innovation et promouvoir les médias africains sur les scènes continentale et internationale.
Des projets innovants concrets pour l’avenir
Pour donner corps à cette ambition, plusieurs axes innovants majeurs ont été annoncés. Parmi eux, la création d’un Fonds panafricain de soutien aux médias numériques, la mise en place d’une plateforme commune de contenus pour le partage et la monétisation, ou encore le lancement d’un Observatoire africain des médias en ligne dédié à l’audience, à la crédibilité et à l’impact des médias numériques.
Le PAMEL prévoit également l’instauration d’un Label “Média Numérique Africain Certifié”, la création d’une Académie numérique panafricaine des médias, ainsi que l’organisation d’un Sommet annuel des patrons des médias en ligne africains.
Pour assurer la mobilisation des acteurs, un comité d’organisation de six membres a été mis en place. Il est présidé par Thierry Ekouaghe du Gabon, avec pour vice-président Barnabas Orou Kouman de nationalité béninoise. Sa mission principale sera de fédérer les promoteurs de médias en ligne du continent en vue de l’organisation prochaine d’une Assemblée Générale Constitutive.
« Le PAMEL se veut un cadre inclusif, solidaire et tourné vers l’avenir, au service d’un journalisme numérique africain fort, reconnu et économiquement viable », conclut la déclaration finale.
Avec pour slogan « Une seule voix pour les médias numériques africains », le PAMEL entend désormais inscrire les médias en ligne du continent comme des acteurs crédibles, influents et incontournables du paysage médiatique mondial.
