Ministre d’Etat en charge de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, toujours en fonction à trois mois de la présidentielle du 12 avril 2026 au Bénin est candidat à la succession de Patrice Talon. Au sein de l’opinion, les Béninois se demandent si les moyens de l’Etat ne seront pas mis à sa disposition dans le cadre de la campagne électorale. Interrogé sur la question, Wilfried Léandre Houngbédji, porte-parole du gouvernement tranche le débat.
Bénin : Romuald Wadagni »ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne », rassure Wilfried Léandre Houngbédji
Plus de doute ! Romuald Wadagni et sa colistière Mariam Chabi Talata ne vont pas se servir des moyens de l’Etat dans le cadre la présidentielle face à Paul Hounkpè et Judicaël Hounwanou. Alors que la situation du candidat encore en fonction dans le gouvernement Talon alimente le débat public, le porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a tenu à lever toute ambiguïté.
Face à la presse vendredi 23 janvier 2026, le patron de la communication gouvernementale a rassuré que le ministre candidat ne fera aucun usage des moyens de l’État dans le cadre de sa campagne. Dans le même temps, il relève qu’aucune disposition légale ne l’oblige à quitter ses fonctions actuelles. “Est-ce que nous avons dans nos textes, une prescription légale qui demande que celui est candidat à la présidentielle, parce qu’il est au gouvernement, qu’il démissionne ?”, a lancé Wilfried Léandre Houngbédji, tentant ainsi d’amener son auditoire à la réponse qui sans être donnée est bien négative.
Le porte-parole du gouvernement a insisté sur la nécessité de faire une démarcation en rappelant que “pour un ministre, il n’y a pas d’obligation formelle”, selon le droit béninois. Wilfried Léandre Houngbédji établit clairement une distinction la fonction ministérielle et d’autres fonctions administratives, comme celles de préfet, pour lesquelles les textes imposent un départ préalable en cas de candidature à un scrutin comme la présidentielle. Ce qui n’est d’ailleurs pas le cas des membres du gouvernement de Patrice Talon, en fin de mandat constitutionnel, conformément à l’article 42 de la constitution en vigueur au Bénin.
Au-delà du droit, il évoque également une question de morale et de responsabilité politique. “Ce qui compte, c’est faire en sorte que celui qui est dans une position décisionnelle (…) n’utilise pas les moyens de l’État, ndlr”, a-t-il insisté. Sur la concordance entre les fonctions gouvernementales de Romuald Wadagni et sa candidature à la présidentielle, le secrétaire général adjoint du gouvernement a été catégorique. “Même s’il reste au gouvernement jusqu’au jour de l’élection, il ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne. Nous sommes au Bénin et en 2026, ça ne peut pas se faire”, a affirmé Wilfried Léandre Houngbédji.
Même s’il reste au gouvernement jusqu’au jour de l’élection, il ne peut pas utiliser les moyens de l’État pour sa campagne. Nous sommes au Bénin et en 2026, ça ne peut pas se faire.
Wilfried Léandre Houngbédji
Romuald Wadagni, candidat, mais encore très actif en tant que ministre
Candidat à une élection visiblement très attendue des Béninois, Romuald Wadagni continue cependant d’exécuter les responsabilités et tâches qui sont les siennes au sein du gouvernement de Patrice Talon. C’est en effet, l’autre précision que le porte-parole du gouvernement a apportée, indiquant même que le ministre a joué un rôle clé dans la récente opération financière internationale qu’est l’émission d’un sukuk souverain de 500 millions de dollars américains.
« Ça fait 10 ou 15 jours que le ministre d’État est parti pour coordonner cette opération, à discuter avec les investisseurs et les partenaires », a-t-il informé.
En poste au gouvernement depuis 2016, Romuald Wadagni, âgé de 49 ans est le candidat désigné par la majorité présidentielle pour succéder à Patrice Talon. Face à Paul Hounkpè, leader de la FCBE, parti d’opposition au Bénin, il est présenté au sein de l’opinion comme grand favori du scrutin. Va-t-il confirmer les tendances évoquées au sein de l’opinion ? Le soir du 12 avril 2026 et nous serons tous situés.
