Au Bénin, Romuald Wadagni et Paul Hounkpè égrènent les derniers jours de la campagne électorale pour le scrutin du 12 avril 2026. Les deux principaux candidats en lice multiplient les déplacements et les meetings pour convaincre un électorat parfois hésitant.
Bénin : Wadagni et Hounkpè à l’assaut des indécis avant le vote du 12 avril
La bataille finale avant le 12 avril 2026 s’engage entre Romuald Wadagni et Paul Hounkpè. Au contact de l’électorat depuis le vendredi 27 mars 2026, les deux principaux candidats à la succession de Patrice Talon ont abordé lundi, la seconde et dernière semaine dédiée à la campagne électorale conformément au calendrier publié par la Commision électorale nationale autonome.
Depuis le lancement de la campagne, les deux prétendants sillonnent l’ensemble du territoire, y compris les zones du nord confrontées à des défis sécuritaires. Mais sur le terrain, la dynamique semble inégale. Le candidat de la majorité, Romuald Wadagni, bénéficie d’une forte visibilité, notamment à Cotonou où ses affiches dominent l’espace public, soutenues par une logistique importante. Ce qui n’est pas forcément le cas dans le camp de la FCBE où les affiches de Paul Hounkpè et son colistier sont à peine visibles.
Romuald Wadagni face à l’électorat pour la première fois de sa vie
Pour Romuald Wadagni, cette campagne représente un baptême du feu électoral. Contrairement à Paul Hounkpè, habitué des joutes politiques, le candidat de la majorité effectue ici sa première grande confrontation devant les urnes. Jusqu’à présent, ses prestations sont jugées globalement maîtrisées. Certains Béninois interrogés par Africaho estiment même qu’il a été à la bonne école; celle de Patrice Talon notamment. C’est d’ailleurs le cas de Djèmil Malèhossou, président de l’Association Entre Jeunes, un mouvement de jeunes qui soutient la candidature du duo Wadagni-Talata. “Il (Romuald Wadagni) nous séduit avec ses prises de parole en public. Je ne lui connaissais pas une telle maitrise des sujets liés à la gestion de l’État”, a-t-il déclaré.
Dans les communes parcourus par nos reporters, les deux candidats ont articulé leurs discours autour des priorités nationales : sécurité, développement économique et conditions de vie des populations. Romuald Wadagni a mis notamment en avant la poursuite des réformes et le développement des territoires. Paul Hounkpè de son côté a insisté davantage sur les questions sociales et la nécessité de restaurer un climat démocratique apaisé. Ainsi donc, le candidat de l’opposition invite les Béninois à tourner la page de la continuité en votant pour lui.
Campagne intense, mais encore des hésitants !
Malgré la forte mobilisation observée dans les deux camps, une partie de l’opinion affiche un certain désintérêt. En cause, une offre politique jugée limitée, avec seulement deux candidats en lice et l’absence remarquée du parti Les Démocrates. Certains électeurs expriment ainsi des doutes sur l’issue du scrutin, estimant que le choix reste restreint. “C’est la première fois que nous assistons à une élection présidentielle avec aussi peu de candidats. En plus, tout semble bien tracé pour le candidat du pouvoir qui sans doute, sera élu au soir du 12 avril. En quoi sera-t-il encore utile pour moi d’aller voter si tout porte à croire que le vainqueur est déjà connu”, nous a-t-il confiés sous anonymat.
La campagne s’achèvera dans la nuit du 10 avril. Qui de Romuald Wadagni ou de Paul Hounkpè sera donc élu pour succéder à Patrice Talon ? Encore quelques jours et nous le saurons.
