Le Baromètre sécuritaire du Kivu fait état d’un mois de décembre 2025 particulièrement violent dans l’est de la République démocratique du Congo. Plus de 370 civils ont été tués, sur fond de reprise des affrontements armés et de dégradation générale de la situation sécuritaire, notamment au Sud-Kivu et en Ituri.
Violences armées : plus de 370 civils tués en décembre dans l’est de la RDC
Après plusieurs mois d’interruption, le Baromètre sécuritaire du Kivu a repris la collecte de données sur les incidents armés dans l’est de la RDC. Les chiffres publiés pour le mois de décembre 2025 témoignent d’une recrudescence des violences contre les civils. Au total, 379 civils ont été tués, 129 enlevés, tandis que 274 incidents sécuritaires et 141 affrontements ont été recensés. Ces données, qui concernent uniquement les cas documentés, montrent une tendance globale à la hausse par rapport aux mois précédents.
En effet, cette situation correspond à l’offensive lancée début décembre par le groupe armé AFC/M23, soutenu par les forces rwandaises, en direction de la ville d’Uvira. Plusieurs localités ont été touchées par les combats, exposant directement les populations civiles. Le Baromètre précise que cette analyse porte essentiellement sur les derniers mois, après une période de suspension de ses activités consécutive à la prise de Goma et de Bukavu, qui avait nécessité une réorganisation du dispositif de collecte.
En Ituri, la situation sécuritaire s’est également détériorée. Début décembre, un incident a opposé les Forces armées de la RDC (FARDC) à leur allié ougandais, l’UPDF, dans le territoire de Djugu, provoquant des pertes humaines. Dans la même zone, des affrontements ont ensuite eu lieu entre les FARDC et le groupe armé CRP, lié à Thomas Lubanga, ancien chef de guerre condamné par la Cour pénale internationale. Le rapport mentionne par ailleurs des incursions de forces régulières et irrégulières sud-soudanaises dans le territoire d’Aru, au nord du pays, ayant entraîné des enlèvements de civils et de militaires.
Faut-il le souligner, cette insécurité persistante s’accompagne d’une crise humanitaire. Dans le Sud-Kivu, les combats en cours se déroulent dans un contexte d’épidémie de choléra. Selon le Bureau de coordination humanitaire de l’ONU (Ocha), les déplacements massifs de populations et la précarité des conditions de vie favorisent la propagation de la maladie. Pour les deux premières semaines de janvier 2026, Ocha recense environ 1 200 cas suspects et au moins 28 décès. Plus de 330 000 personnes ont par ailleurs été contraintes de fuir leurs domiciles, vivant majoritairement dans des conditions précaires, avec un accès limité à l’eau potable et aux soins de santé.
