Au Sénégal, la loi votée mercredi par l’Assemblée nationale pour durcir la répression contre l’homosexualité a fait réagir l’ONU. Le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme a appelé le président Bassirou Diomaye Faye à ne pas promulguer le texte, qu’il qualifie de discriminatoire.
Au Sénégal, l’ONU appelle à abroger toute les lois anti-homosexualité
Porté par le Premier ministre Ousmane Sonko, le projet de loi voté mercredi 11 mars par l’Assemblée nationale du Sénégal a doublé les peines contre les relations homosexuelles. Elles passent de 5 à 10 ans et d’une amende de 1,5 à 10 millions de FCFA.
Par ailleurs, la réforme précise également la notion « d’acte contre-nature », qui inclut désormais explicitement les relations sexuelles entre personnes du même sexe. Deux nouvelles infractions ont aussi été introduites dans la loi. Il s’agit de l’apologie de l’homosexualité et son financement, passibles de trois à sept ans d’emprisonnement.
L’ONU appelle à ne pas promulguer la loi votée
Par la voix du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, l’ONU a exprimé son indignation. « L’adoption par le Parlement sénégalais d’une nouvelle loi qui double la peine maximale d’emprisonnement pour les relations homosexuelles consenties à 10 ans bafoue les droits humains fondamentaux dont nous jouissons tous« , a déclaré Volker Türk.
À en croire le fonctionnaire onusien, cette loi expose les citoyens à des crimes de haine, des abus, des arrestations arbitraires, du chantage et une discrimination généralisée dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du logement. De plus, elle restreint le travail légitime des défenseurs des droits humains, des médias et la liberté d’expression de tous les Sénégalais.
Par conséquent, l’ONU « exhorte le Président à ne pas promulguer cette loi néfaste et appelle les autorités à abroger la loi discriminatoire en vigueur et à faire respecter les droits humains de tous au Sénégal, sans discrimination« .
