Au Sénégal, douze hommes, dont deux personnalités connues du public, ont été arrêtés par la gendarmerie et présentés à la justice pour homosexualité présumée. Les défenseurs des droits LGBT dénoncent.
Sénégal : douze personnes interpellées pour homosexualité présumée
Les personnes de minorité sexuelle dans le collimateur de la justice sénégalaise. La gendarmerie a confirmé lundi 9 février 2026, l’interpellation de douze suspects poursuivis notamment pour « association de malfaiteurs », « actes contre nature », « mise en danger de la vie d’autrui » et « transmission volontaire du VIH ». Parmi les personnes arrêtées figurent l’animateur de radio et de télévision Pape Cheikh Diallo ainsi que le chanteur Djibril Dramé, deux figures médiatiques bien connues au Sénégal, apprend-on.
Selon les autorités, certains des mis en cause seraient séropositifs, ce qui a conduit les enquêteurs à retenir le chef d’accusation de « transmission volontaire du VIH », une infraction introduite par la loi sénégalaise de 2010 et passible d’amendes ainsi que de peines de prison pouvant aller jusqu’à dix ans. Les relations sexuelles entre personnes de même sexe sont interdites au Sénégal et constituent un délit pénal, passible de peines d’emprisonnement allant de un à cinq ans.
La question de l’homosexualité demeure un sujet sensible et récurrent dans le débat public sénégalais, où elle est fortement stigmatisée. Avant son accession au pouvoir, l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko avait exprimé sa volonté de durcir la législation existante afin de renforcer la répression. Les douze hommes interpellés ont été présentés à la justice le lundi 9 février, et une information judiciaire a été ouverte.
Les défenseurs des droits LGBT en colère
En réaction à cette vague d’arrestations, l’association française Stop Homophobie, active au Sénégal, s’est dit inquiète. Selon l’organisation, ces procédures judiciaires participent à un climat de peur et de stigmatisation à l’encontre des personnes LGBT. Elles renforcent, précise Terrence Katchadourian, secrétaire général de l’association Stop Homophobie, l’idée que l’homosexualité serait dangereuse et servent, selon elle, à justifier socialement la répression, notamment à travers l’usage récurrent de poursuites pour transmission volontaire du VIH.
L’association alerte également sur les risques d’atteintes aux droits fondamentaux des personnes concernées et sur les conséquences humaines de telles accusations.
