Malgré les alertes répétées, le gaspillage alimentaire continue de progresser à l’échelle mondiale. Selon une étude récente, son coût financier atteindra 540 milliards de dollars en 2026. La viande et les produits frais figurent parmi les principales sources de pertes, tandis que les entreprises pointent des défaillances dans la gestion des stocks et le transport.
Gaspillage alimentaire : une facture mondiale de 540 milliards de dollars en 2026
Le gaspillage alimentaire demeure l’un des grands maux du système alimentaire mondial, au même titre que les pertes post-récolte. Et le phénomène ne faiblit pas. Bien au contraire. En 2026, son coût financier global est attendu à 540 milliards de dollars, contre 526 milliards un an plus tôt. Ces chiffres sont avancés par le fournisseur de solutions d’étiquetage et d’emballage Avery Dennison, dans une étude publiée début janvier et relayée par Agence Ecofin.
Intitulé Making the Invisible Visible : Unlocking the Hidden Value of Food Waste to Drive Growth and Profitability, le rapport s’appuie sur un sondage réalisé auprès de près de 3 500 responsables mondiaux de la distribution alimentaire. Il intègre également une modélisation économique menée par le Centre britannique pour l’économie et la recherche commerciale.
Dans le détail, la viande devrait représenter à elle seule près d’un cinquième du gaspillage alimentaire mondial en 2026, pour un coût estimé à 94 milliards de dollars. Elle constitue d’ailleurs le principal défi pour 72 % des responsables de chaînes d’approvisionnement du secteur. Les produits frais occupent la deuxième place, avec des pertes évaluées à 88 milliards de dollars.
Les causes sont connues, mais restent peu corrigées. Selon l’étude, 51 % des dirigeants attribuent le gaspillage à une mauvaise gestion des stocks et au surstockage. Plus inquiétant encore, 56 % reconnaissent ne pas disposer d’une visibilité claire sur l’ampleur des pertes générées pendant le transport.
À ces défaillances s’ajoute un contexte économique dont l’inflation alimentaire et l’instabilité géopolitique ont contribué à alourdir la facture. « 54 % des dirigeants indiquent que ces coûts ont augmenté au cours des trois dernières années, créant un double effet de perte. Non seulement les distributeurs supportent des coûts d’intrants plus élevés, mais en ne s’attaquant pas au gaspillage, ils manquent également l’opportunité de transformer ces coûts en ventes potentielles », souligne l’étude.
Pour Avery Dennison, cité par la même source, le gaspillage alimentaire n’est plus seulement un problème environnemental ou social. C’est aussi un frein direct à la croissance des entreprises. En moyenne, il représenterait jusqu’à 33 % du chiffre d’affaires total d’une société.
L’entreprise appelle ainsi à une transformation profonde du système alimentaire. Elle estime que la généralisation de la traçabilité des produits et une meilleure collaboration entre les acteurs de la chaîne d’approvisionnement pourraient permettre de réduire les coûts projetés de 3 400 milliards de dollars d’ici 2030.
Faut-il le souligner, cet appel rejoint les nombreuses alertes lancées ces dernières années par les organisations internationales. Car pendant que des milliards de dollars partent en fumée, près de 8 % de la population mondiale souffre encore de la faim. Dans un rapport publié en 2024, la FAO indiquait qu’environ 1,05 milliard de tonnes de denrées alimentaires avaient été gaspillées en 2022. Près de 60 % de ces pertes proviennent des ménages, 28 % de la restauration et 12 % du commerce de détail.
