Tanzanie : Samia Suluhu Hassan désignée « Tyran de l’année » par Index on Censorship

Mohamed Fousso
3 min

La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été désignée « Tyran de l’année » par l’ONG britannique Index on Censorship. C’est une distinction satirique qui vise à dénoncer les atteintes à la liberté d’expression et la répression politique observées sous sa gouvernance dans le pays.

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En Tanzanie, Samia Suluhu Hassan, de “mère de la patrie” à “tyran de l’année”

Samia Suluhu Hassan dans le collimateur de l’ONG Index on Censorship ? La cheffe de l’État tanzanienne est arrivée en tête d’un vote en ligne initié par l’organisation, devant plusieurs figures controversées de la scène internationale, dont Donald Trump, Benjamin Netanyahu et Vladimir Poutine.

Index on Censorship reproche notamment à Samia Suluhu Hassan un durcissement sécuritaire intervenu à l’approche de l’élection présidentielle d’octobre 2025. Cette période a été marquée par des arrestations d’opposants, une répression violente de manifestations et des restrictions de l’accès à Internet. Pour la directrice de l’ONG, Jemimah Steinfeld, l’objectif de cette désignation est de dénoncer des dirigeants qui, en 2025, ont « sérieusement » porté atteinte à la liberté du débat public dans leur pays.

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Pour la militante tanzanienne Maria Sarungi Tsehai, cette initiative constitue un « geste symbolique » fort, d’autant plus que Samia Suluhu Hassan était la seule femme figurant sur la liste des personnalités soumises au vote. Longtemps présentée comme « la mère de la patrie », la présidente est désormais accusée par ses détracteurs d’être responsable de violences politiques. De son côté, Alex Vines, directeur Afrique au Conseil européen des relations internationales cité par , estime que ce vote « montre le poids de la colère et de l’activisme de la génération Z » dans le sillage de la crise électorale.

Samia Hassan critiquée en Tanzanie, mais soutenue par la Chine

Jemimah Steinfeld rappelle que ce type de désignation peut avoir un impact réel sur le débat public. En 2022, l’attribution du titre de « tyran de l’année » à l’ancien président mexicain Andrés Manuel López Obrador, après un vote ayant mobilisé 20 000 personnes, avait provoqué une vive controverse nationale et attiré l’attention sur ses attaques répétées contre les médias et la liberté d’expression.

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Très critiquée en Tanzanie, Samia Suluhu Hassan est pourtant soutenue par la Chine qui voit plutôt en elle, une dirigeante qui fait respecter l’ordre constitutionnel dans son pays. D’ailleurs, en visite officielle les 9 et 10 janvier par exemple, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a appelé à rejeter toute « ingérence de forces extérieures » dans les affaires du pays.

Il a par ailleurs, salué la « bonne tenue » du scrutin présidentiel d’octobre 2025, pourtant largement contesté et suivi d’une répression post-électorale dénoncée par l’opposition, qui évoque plus de 2 000 morts.

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